Pourquoi il est impossible de faire confiance aux maîtres en général et aux tibétains en particulier
Les "sages" nous apprennent que si l'on n'étudie
pas l'Histoire, on risque de commettre des erreurs funestes dans le présent.
Tout au moins de ne rien comprendre. Nous l'avons vérifié à
nos dépens. En effet, nous ne comprenions rien à l'attitude des
lamas tibétains, qui du point de vue du corps subtil semblent des gens
de bien ayant une réalisation indéniable, et dont la méthode,
telle que présentée au public occidental, ne permet absolument
pas de développer la moindre cognition valide. En fait, plus nous développions
des cognitions valides, moins il nous semblait que leur enseignement, savant
mélange de demi-vérités propres à jeter les gens
dans l'angoisse du samsara et l'espoir d'une rédemption facile, pouvait
diriger qui que ce soit dans la direction où il prétend les mener.
Nous en voulons pour preuve les résultats obtenus chez les disciples
occidentaux, qui sont le mépris des autres traditions assorti d'un orgueil
délirant, l'idolâtrie du lama, et l'absence d'une vue correcte
de la vacuité, toujours confondue avec une sorte de vide informe.
C'est l'étude de l'Antiquité, révélée par
Fabre d'Olivet, qui nous a fourni l'explication. De tous temps, ce qui détenaient
la science la gardaient précieusement pour eux et ceux qu'ils jugeaient
dignes de la recevoir, punissant éventuellement de mort ceux qui auraient
osé la révéler au grand jour. On retrouve cette loi chez
les hindous, les égyptiens, les juifs, les grecs, les chinois
alors
pourquoi les tibétains, société éminemment traditionnelle,
feraient-ils exception en allant divulguer leurs secrets à tous les vents
? Qu'ils aient de la compassion pour les pauvres misérables que nous
sommes, cela ne fait aucun doute, qu'ils divulguent leur science, c'est impossible,
car si personne ne l'a fait avant eux, c'est pour de bonnes raisons. L'homme
du commun n'est tout simplement pas en état d'en comprendre quoi que
ce soit, et s'il devait prendre connaissance de l'un quelconque de ces mystères,
il serait instantanément profané et transformé en objet
de profit, ou de domination sur le voisin. Il suffit de voir ce que les occultistes
ont fait des quelques bribes qu'ils ont cru entrevoir, des histoires sans queue
ni tête d'Atlantide, d'Initiés gouvernant le monde, d'Ordres secrets
omniscients et omnipotents, de pouvoirs, de rituels magiques
Il y a bien
quelque chose, mais qui n'est absolument pas de cet ordre dégénéré
qu'on peut nommer matérialisme spirituel.
Bref, le seul moyen d'empêcher le vrai dharma de dégénérer
en matérialisme spirituel, c'est de ne pas donner les moyens de le comprendre.
A la limite, on peut jeter tous les textes en pâture aux traducteurs et
aux érudits, ça ne changera rien, car toutes les clés relèvent
de la tradition orale, et l'on ne peut les découvrir sans gourou que
si l'on parvient à déconditionner son corps subtil de la forme
étriquée et adharmique que lui a fait prendre l'éducation
d'un milieu totalement ignorant du dharma.
Prenons un exemple. Imaginez un ordinateur qui ne connaîtrait que noir,
blanc, petit, grand, haut, bas, proche, lointain, rond, carré, doux,
dur, chaud, froid. Comment va-t-il décrire une orange ? Une fleur ? Notre
corps subtil, étant donné sa constitution, se comporte de la même
façon avec les objets de dharma. Introduisez la Vacuité dans un
esprit occidental, il en restera quelque chose de noir, grand, proche, froid.
Dieu par contre sera plutôt blanc, grand, haut, proche ou éloigné,
chaud ou froid, selon. Il n'est pas étonnant que les bouddhistes et les
chrétiens se méprisent mutuellement.
On est en train de nous dire que l'humanité vit un renouveau spirituel,
et que des gens s'éveillent spontanément sur toute la planète,
en vertu de l'influence des astres ou des cycles cosmiques ou d'on ne sait quoi.
Si c'était vrai, ces " éveillés " modernes seraient
en mesure de comprendre ceux de l'Antiquité de même que Sri Aurobindo
a reconnu la valeur des Védas, car même si la forme de la vérité
change, l'essence ne change pas. Mais non seulement ils ne savent pas repérer
ceux qui devraient être leur frères par-delà le temps, mais
ils ne voient pas davantage l'ineptie et les contradictions de la pseudo-spiritualité
qu'ils font profession de répandre. Nous avons découvert avec
étonnement que cette maladie que nous pensions exister de tous temps,
la non-reconnaissance (apparente ou réelle) des maîtres entre eux,
n'existait pas dans l'Antiquité. C'est apparemment un fruit de la dégénérescence
de la spiritualité.
Cela dit, nous ne reprochons nullement aux tibétains de garder leurs
secrets, puisque cela a été fait de tous temps. Ce que nous leur
reprochons, c'est de prétendre le contraire, afin d'en tirer profit.
Nous pensons également que c'est là le début de leur fin,
car à notre avis, on ne joue pas avec l'argent sans se salir les mains,
surtout s'il est acquis par un mensonge. Comme le dit Mère, l'argent
est entre les mains des puissances asûriques, c'est un fait à ne
pas négliger, et l'acquérir par le moyen du mensonge ne contribue
pas à développer la vertu de ceux qui le font. Certes, les maîtres
véritables ne seront pas touchés par de tels procédés
de même que la blanche colombe n'est pas affectée par la bave du
crapaud, mais on peut penser que leur successeurs risquent de subir un certain
retour de karma avoir d'avoir atteint le plein éveil, ce qui au final
fera dégénérer les lignées. C'est évidemment
leur problème, non le nôtre. Mais ce qu'il faut tirer de ces considérations,
c'est qu'une personne qui serait sur la bonne voie et qui irait naïvement
voir un lama pour en obtenir de l'aide, soit il tentera de la récupérer
pour l'assujettir aux lois de sa tradition, soit il tentera de l'égarer,
sous couvert de " moyens habiles ". Un peu de lecture sur les Mystères
Egyptiens ou Grecs rend le fait totalement évident, car la nature humaine
n'a pas changé depuis. Quant au reste des disciples, il sera semblablement
égaré, ou laissé dans son égarement originel, ce
qui est encore plus simple. Il est possible que quelques uns en réchappent
et reçoivent le moyen de comprendre les enseignements, après vingt
ans de bons et loyaux services, sauf qu'à cet âge on est généralement
trop vieux.