Connaisseurs valides (cognitions valides) :

Un connaisseur valide est par définition un connaisseur qui est non trompeur en ce qui concerne son objet engagé.
Croyances correctes, percepteurs non précisants, doutes et perceptions erronées sont tous des connaisseurs trompeurs. (...) Il est un peu plus difficile de comprendre pourquoi les croyances correctes sont trompeuses. Après tout, tant que nous avons une croyance correcte en un objet, nous n'avons sur cet objet ni doutes, ni perceptions erronées.Lescroyances correctes ne pénètrent cependant pas leur objet d'une manière suffisamment profondes pour éliminer toute conception fausse de cet objet, et de ce fait, lescroyances correctes nous laissent vulnérables aux doutes et aux perceptions erronées. C'est pourquoi elles sont trompeuses. Al'heure actuelle, notre compréhension du dharma est composée principalement de croyances correctes. Si nous n'apprenons pas à distinguer les croyances correctes des connaisseurs valides, il se peut que par erreur nous prenions les croyances correctes pour des réalisations fermes, ceci pouvant nous conduire à la complaisance.

L’essence de la pratique du dharma consiste à obtenir des connaisseurs valides de tous les objets des étapes de la voie et d’éliminer de cette manière toutes nos perceptions erronées. Chaque connaisseur valide a une perception erronée dont il est l’opposant. Par exemple, le connaisseur valide réalisant les défauts du samsara est l’opposant de la perception erronée qui considère que le samsara est agréable, et la sagesse réalisant la vacuité est l’opposant de la saisie du soi. Sans connaisseurs valides pour comprendre les objets à pratiquer et ceux à abandonner, notre pratique sera instable. La sagesse omnisciente est le connaisseur valide suprême. Nous n’avons que peu de connaisseurs valides au sujet du dharma, mais ils sont extrêmement importants parce qu’ils sont les graines de la sagesse omnisciente.

Il existe trois types de connaisseurs valides directs : les connaisseurs valides sensoriels, les connaisseurs valides directs mentaux et les connaisseurs valides directs yoguiques. Les objets manifestes n’existent pas de leur propre côté, mais néanmoins ils existent bien, car ce sont des objets de connaissance valides directs. En accordant notre confiance aux connaisseurs valides directs, nous pouvons éviter de tomber dans la vue extrême du néant.

 

(Kelsang Gyatso, Comprendre l'esprit)