
Le déploiement naturel des
phases créatives du Roman alchimique : la découverte du «
la » de son être
Le Roman dharmique dans la pratique
Le déploiement naturel
des phases créatives du Roman alchimique : la découverte du «
la » de son être
par Pline
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Le roman alchimique se manifeste par une technique de méditation et décriture intégrative, dans laquelle les contenus de la psyché ignorants deux-mêmes sont progressivement amenés à la conscience, sous une forme à la fois improvisée et dirigée. Le but est bien de parvenir à extraire de leur tourbe toutes les variétés de noeuds psychiques, les « complexes » particuliers qui nous habitent superficiellement comme les « archétypes » universaux qui nous hantent en profondeur tels que décrits partiellement par Jung (qui en a oublié un certain nombre au passage) mais à notre manière, plus ludique et sans arrière fond « psychiatrique ». Nous proposons une auto-thérapie et un processus dindividuation collectif et égalitaire, fondé sur lamitié et le partage, qui supprime tous les problèmes de transfert entre le patient et son médecin-gourou et les rivalités rampantes entre les protagonistes, telle que nous lavons entrevue à lorée de notre récit de Théoscopie. (cf. « La théoscopie comme auto-thérapie ») En se racontant et en faisant évoluer des histoires cohérentes, nous nous inspirons les uns les autres pour trouver des solutions pratiques à nos problèmes, qui sont portés et résolus dans le temps par nos personnages intérieurs. La clef, cest de les aimer, et de faire parvenir à se rapprocher les opposés qui se détestent et se battent au départ, en favorisant un principe de cohérence et de véridicité. Pas question de se laisser aller et faire intervenir la Mère divine ou le Sorcier tout puissant pour tirer daffaire les grands asourims, les petits elfes ou les mignons lutins des bois, ni faire sortir le Bellâtre dune boîte-à-chapeaux. Nous cherchons des solutions cohérentes, à travers une atmosphère qui sassainit progressivement pour finalement parvenir à laurore du matin. Le bon coeur fondamental de lauteur se transmet aux héros, qui ne sont autre que lui-même décliné sous de multiples aspects, lorsquil nest pas réduit à un ego pauvre et rachitique. Encore une fois, nous passons de la misère initiale à la richesse.
Techniquement, nous ne mettons pas laccent sur le contenu des rêves
et la médiation dimages plus ou moins subies lors du processus
dindividuation, mais nous prenons pour fait établi que notre Conscience
est notre « shakti » déviée, qui sest retrouvée
emprisonnée elle-même dans des petits compartiments clos et nous
retient sous sa coupe. Il ny a aucun démon hors de nous qui nous
veuille du mal, pas plus quun bon génie qui nous octroie des privilèges,
mais un Principe de grâce opérante qui sait déjà
tout et est bienveillant pour tous, les « bons » comme les «
mauvais » esprits. On finit bien un jour par sen apercevoir et on
peut le reconnaître par un acte de discernement amoureux. Alors on commence
à débloquer la situation, et on découvre le « shaman
» naturel de notre être apte à nous aider. Non pas larchétype
sacré qui garde fiévreusement l Arbre à terreur,
mais lêtre réel et singulier avec lequel nous pouvons nous
entretenir amicalement. Celui qui possède le « la », nous
donne la clef de notre âme-paysage, de notre souffle et le sol de notre
avenir, et que nous avons appelé « Kronoscopos » dans notre
roman théoscopique personnel.
Nous projetons à lextérieur des qualités imaginaires aux êtres et aux situations, sans réaliser que ces mêmes qualités se trouvent à lintérieur de nous, que nous sommes déjà possesseur de trésors, et quil est inutile daffabuler sur un monde extérieur vide en essence. Car nous avons déjà tout le potentiel, pour peu que nous libérions des images fascinantes incrustées dans notre langage et dans notre psyché, qui nous empêchent de remettre le puzzle en ordre, de raisonner de façon convaincante et de vivre en fluidité et en bonne intelligence ave nos voisins. Tout est étalé sous nos yeux, mais nous ne voyons encore rien du tout. Cest le même paradoxe sous son aspect positif qui anime les productions artistiques inspirées, dans lesquelles lordre et la précision de lexécution se marient parfaitement avec le sentiment de liberté et lamplitude de espace. Tous les éléments coexistent en une totalité ouverte, sans imposer au spectateur ou au lecteur une direction unique et une ambiance saturée à lavance.
Notre esprit ressemble habituellement à une carte postale figée que nous envoyons à nos amis, sur laquelle nous navons rien de vraiment dintéressant à raconter, mais qui contient quand même quelques brèves lueurs. Nous sommes comme les clochards qui attendent Godot, et lespoir dune vie meilleure, mais qui sennuient ferme sur leur banc public ou à la table de restaurant, ou nous périclitons seuls et dés- oeuvrés comme le jeune de la Poste. Pourtant, il en faut à la fois peu et beaucoup pour bousculer cette cristallisation fatidique. Peu, car une petite pichenette bien placée suffit à mettre le feu aux poudres. Beaucoup, car seul le divin a ce pouvoir, et nous sommes guère enclins à lécouter et à vouloir changer.
En élaborant un Roman, nous déplaçons le problème.
Ce nest pas un « moi » par essence illusoire qui va changer,
mais une nouvelle perspective plus ouverte qui va sétablir peu
à peu entre les êtres et modifier les choses. En apprenant à
inter-agir ensemble, les personnages finissent par se détendre et peuvent
se conférer le « darshan mutuel » , amical, amoureux ou thérapeutique
ou les trois à la fois, à chaque fois quun complexe est
libéré. Il en résulte un gain despace et dintelligence
pour tout le monde, et un accroissement du pouvoir la Conscience collective
qui forme lâme du Roman.
Au début, cette âme est faible, mais elle prend irrésistiblement
de la densité avec la progression et le soulèvement de lensemble.
Le Roman va prendre des Figures successives et revêtir des masques différents,
traduisant la délivrance des complexes et la progression du processus
dindividuation grâce aux relations dempathie et de télépathie
qui se dévoilent entre les êtres. La « Persona » laisse
place à l « Ombre » tapie, aux surgissements puissants
de « lAnima » et de « lAnimus », à
la fulguration des archétypes divins menaçants, au rugissement
des lions indomptables et des »personnalités mana », à
létalement de la misère et de la souffrance du petit-peuple,
à toute sorte de personnages-animaux plus ou moins répertoriés,
et finalement aux merveilles de la Nature et de lEnfance retrouvée.
Cette « station de roman » correspond à la découverte
du monde chamanique et à la religion naturelle après une première
série de métamorphoses de lâme et la désintégration
des suites de complexes.
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Quil ait plutôt une allure de conte, de symphonie daventures, de science-fiction, dépopée, ou de récits apparentés à la mythologique, voire à la métaphysique, Le Roman permet de traverser toutes les zones du mental et du vital pour toucher la petite cellule-fille endormie dans la matière qui se réveillera comme la Belle au bois dormant au contact enchanteur du Prince. On peut élaborer une description « anthroposcopique » de cette oeuvre de petite perfection, selon les catégories établies par Mère et Sri Aurobindo, ou une genèse plus psychologique dans la suite de Jung. Ou encore, comme dans mon exemplaire personnel, « Cinq statues pour une sagesse », travailler en vue détablir une reconnaissance vivante de fonctions trans-personnelles et métaphysiques, un discernement des facultés et des opérations subtiles de lHomme intégral sur la voie de lévolution en appliquant un « style mythologique ». Ce qui donne un aspect un peu décousu et déconcertant au premier abord, mais laisse entrevoir un fond de culture riche et ouvert. Bref, on peut mettre laccent sur lintellect, le vital ou le psychique et déployer toutes les combinaisons atomiques de ces « gounas » romanesques, et trouver à chaque fois une vérité et une spécificité.
Mais nulle imposition dun système pré-établi ne doit
empêcher le mantra de se former spontanément. Le roman se développe
à son propre rythme, génére sa propre forme et ses rythmes
variés, modulant en mille expressions variées et imprévisibles.
La règle dor, cest de respecter la liberté des personnages
et de ne rien imposer. Cest en libérant cet espace durci que les
conceptions ordinaires pourront sétioler, que les apparences pures
viendront se substituer aux phénomènes contaminés, et que
lénergie disponible se multipliera magiquement pour féconder
le tout. Mais toutes ces promesses nécessitent un art lent à acquérir,
à travers lequel toutes les fameuses « paramitas » sobtiendront
graduellement et pourront former une terre ferme, des « stations »
cohérentes et pas des états déboussolants. Car les personnages
les intègreront pour nous, puisque « nous » nexistons
pas de façon inhérente. Sagesses de laccomplissement, du
discernement, de légalité, du miroir et de la omni
pénétration deviennent des réalités pour nos héros
et elles quittent le statut trouble de virtualités. Le Roman devient
un Objet infini daction, de réflexion et de contemplation, sur
lequel les vertus précisantes de lesprit peuvent sen donner
à coeur joie. La mémoire de lâme trouve une Matière
suffisamment malléable pour sinscrire dans la durée et échapper
à la contingence. Développé dans toute son amplitude, le
Roman permet dachever léquivalent du « stade de génération
» et de dissoudre les apparences erronées du monde faux qui nous
environne à cause de notre ignorance. Le couple divin plein de qualités
devient léquivalent de lishta devata, dont la vacuité
est évidente, car il résulte justement de la libération
des complexes objectivants et cristallisants.
LIdee du Roman peut se décliner en une infinité de styles et de modes, chacun ayant leur place, leur intérêt et leur valeur. Les tons plutôt « adéquats », « suggestifs », « inspirés », ou même « infaillibles » selon la cohérence et la force intrinsèque de vérité des passages et des chapitres, pour reprendre la terminologie de Sri Aurobindo dans sa « Poésie future », traduiront en signes sensibles le cliché impermanent de lesprit de lauteur à un moment donné. La chronologie qui en découle ne devra rien au temps extérieur et mécanique qui représente la projection de lespace abstrait, mais révèlera la « durée intérieure » de lâme en évolution condensant sa propre substance dans des histoires mutantes. Le « temps » et « lespace » des Romans sapparentera à un rêve simultané, dans lequel les références objectives auront disparu, pour laisser place à une infinité de petites communauté ayant chacun leur durée propre et leur vie aimante. En un mot, le Roman désintègre notre environnement cristallisé et y substitue son propre mandala, lAme paysage inconnue, libre des ambiances bizarres et du sol noueux. Cest le signe dune individuation réussie. Elle ne nous ramène pas au monde commun et ordinaire sans « complexes », mais produit un Monde nouveau, magique et libre.
Le Roman dharmique dans la pratique
Par Sherlock et Pline
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La réalisation de la vacuité du roman « sexporte » donc comme par enchantement dans notre environnement physique et mental externe privé de support contaminé, car la source létat naturel - est la même. Sans rien faire, sans aucune action extérieure, nous parvenons à faire disparaître les fondements conceptuels et les apparences fallacieuses dun univers qui na aucun sens ni aucun attrait pour notre âme, pour lui substituer un Monde plein de vie et de promesses. Cest alors un jeu denfants pour lêtre psychique de sépanouir, car il na plus les obstacles grossiers du monde matériel et des normes ordinaires. Il reste à ce stade à sattaquer aux limitations subtiles et très subtiles, ainsi quà toutes les traces résiduelles de la mémoire mentale. Mais une part très importante est faite : celle qui nous met en contact avec notre état naturel et notre bonheur inné. Nous rejoignons le monde de lenfance authentique et de la liberté, aussi loin du sérieux des adultes que de lenfantillage. Les contes des petits ont la même source que les histoires spirituelles des grands. Les biographies des tulkous et la vie des bouddhas a la même origine que les contes vrais. La confusion se situe avec lintervention du mental quand il prend le devant de la scène, donne naissance aux technologies pragmatiques, à la philosophie séparée du mouvement vital spontané comme à la spiritualité autoritaire. Et empêche la saturation de lesprit par les cognitions valides, via limagination débordante de la Nature.
1/ Le recours à limagination
véridique.
La faculté principalement mobilisée pour fabriquer cet univers dapparences libérées de lignorance est lImagination vraie, qui engendre librement et spontanément des objets infinis dégagés des normes conventionnelles et des apparences trompeuses. Contrairement à "l'instant présent", lImagination bien conduite nous donne accès à des mondes de plus en plus vrais, qui recèlent bien davantage de substance et de joie potentielle que la réalité concrète qui soffre à nous et apparaît falsifiée par le karma et lignorance.
Apprendre les techniques décriture du Roman dharmique est tout un art qui sacquiert sur le long terme et ne dépend pas de recettes, mais nous avons esquissé quelques principes et des grandes lignes qui peuvent guider le débutant et le mener au succès escompté.
La principale difficulté du Stade de génération pour le novice, cest la confusion générale qui existe entre les besoins réels de lâme et les instincts du vital non apprivoisé, entre l'amour divin et l'amour ordinaire, escorté de tous les mécanismes psychologiques de projection et de fascination. A notre avis, c'est Jung qui a le mieux décrit tout le processus de purification par lequel doit passer l'individu avant de retrouver l'état d'enfance et d'entrer réellement sur le chemin du dharma. Le Roman dharmique est en quelque sorte le support projectif qui permet de travailler sur la matière des névroses, et de purifier les vents contaminés, jusqu'au point où l'amour divin deviendra naturel au pratiquant. C'est seulement au terme de cette première étape de nature en grande partie psychologique que les vents, devenus des vents de sagesse, vont pouvoir circuler sans trop d'obstacles dans le canal central, et générer spontanément des trésors de l'esprit.
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2/ Fonctionnement du roman dharmique.
A. Réintégration des complexes autonomes : retrouver l'intégrité de son âme.
Il permet dintégrer progressivement les tendances inférieures ou déviées de la psyché à l'âme, sans les réprimer, mais en fabriquant des objets communs aux deux, qui auront la faculté de fasciner la psyché tout en inspirant l'âme, en sorte que la première sera magnétisée par la seconde. Ces objets seront archétypaux.
Qu'est-ce qu'un archétype ?
C'est une représentation du mental ou du vital, chargée de
shakti. La shakti ou kundalini, est le pouvoir qui a manifesté l'univers,
l'aspect dynamique de l'état naturel, et qui existe aussi au niveau individuel.
La shakti individuelle est un reflet de la shakti primordiale, de même
que le microcosme est un reflet du macrocosme. (Cf l'Anthropocosme).
Ces représentations peuvent être à contenu personnel ou
collectif, et leur force est fonction de la quantité de shakti qu'elles
contiennent. La shakti, libre à l'origine, devient à la fois le
moteur et la prisonnières de tous les complexes psychiques. Le roman
dharmique consiste à les déterrer pour les dépouiller de
leurs oripeaux et réintégrer dans le canal central l'énergie
qui les anime.
Comment se créent les archétypes ?
Ils se créent naturellement au cours du développement de l'individu.
Chez le bébé, la shakti ou énergie créatrice se
trouve dans un état relativement indifférencié, mais, lorsqu'il
grandit, elle va investir des images mentales. Elle va commencer par investir
l'image de la mère, perçue comme une sorte d'être tout-puissant
doté de diverses "qualités" (ou défauts), ensuite
l'image du père, second être tout-puissant. Dans un second stade
de développement, le représentations du petit enfant vont se sexualiser,
il va commencer à différencier homme et femmes en tant que tels,
et son énergie va donc les investir différemment. Puis dans un
troisième stade, l'enfant va se socialiser, et intégrer ce qui
est "correct" ou non par rapport à son groupe social, afin
de pouvoir être accepter. Cela va donc donner naissance à 3 niveaux
d'archétypes, qui vont progressivement confisquer toute l'énergie
de l'individu, car ils vont chacun se renforcer avec le temps, les plus archaïques
étant les plus puissants. Si donc l'on cherche à récupérer
son énergie créatrice, il nous faut refaire le chemin en sens
inverse.
On remarquera que ces trois niveaux d'archétypes correspondent aux trois
niveaux de Janov.
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Ordre de réintégration des archétypes.
On rencontrera donc en premier les archétypes les plus récents
qui forment le 3è niveau de développement de l'enfant. Il s'agit
de l'Ombre et la Persona, l'une étant le revers de l'autre.
- La Persona : "Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav Jung
a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise
le rapport de l'individu à la société, la façon
dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini
afin de tenir son rôle social. Le moi peut facilement s'identifier à
la persona, conduisant l'individu à se prendre pour celui qu'il est aux
yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement. Dans
ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de Donald W. Winnicott.
Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une
image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l'identité
réelle de l'individu". Wikipedia.
- l'Ombre : "C'est l'un des principaux archétypes décrits
par Carl Gustav Jung dans le cadre de sa psychologie analytique. Consistant
en un « éternel antagoniste », à l'origine de nombreux
conflits psychiques, l' Ombre est une partie de la psyché formée
de la part individuelle refoulée, mise à l'abandon par l'éducation,
et qui rassemble des complexes psychiques souvent perçus par la conscience
comme négatifs, à l'origine du caractère et de l'humeur
: « Le point de départ est simple : la plupart des hommes ignorent
leur ombre. (
) Le plus souvent elle est projetée dans des troubles
somatiques, des obsessions, des fantasmes plus ou moins délirants, ou
dans l'entourage. Elle est « les gens », auxquels on prête
la bêtise, la cruauté, la couardise qu'il serait tragique de se
reconnaître. Elle est tout ce qui déclenche la jalousie, le dégoût,
la tendresse ». Figuré dans de nombreuses cultures et mythes sous
la forme du personnage maléfique, patibulaire mais néanmoins ayant
statut de double du héros, représentant le Moi". Wikipedia.
Nous pensons par ailleurs que l'Animus, qui est placé par Jung au même plan que l'Anima, quoique non symétrique, nous paraît en ralité appartenir à la Persona, et avoir son pendant chez l'homme. De même que chez la femme, l'Animus représente une compilation des opinions paternelles, il existe chez l'homme un complexe psychique qui représente une compilation de conseils maternels inintelligents. Dans la mesure où ces opinions docte et conseils sont à vocation d'intégration sociale, nous en faisons une partie de la Persona. Et, de même que la Persona, c'est ce qui est "bien", l'Ombre c'est ce qui est "mal", il s'agit donc des deux faces de la même médaille. Reformulé ainsi, cela permet d'effectuer de précieuses distinctions, ainsi que nous le verrons plus loin.Au deuxième niveau, on rencontrera les archétypes qui proviennent de l'étape de sexualisation de l'enfant, l'Anima et son pendant féminin, que nous appellerons le Prince Charmant, qui peut éventuellement se présenter sous la forme d'un gorille bodybuildé ou d'un tyran domestique. De même que l'Anima peut être une gentille princesse, une amazone farouche ou une véritable sorcière. En tous cas c'est ce qui provoquera le coup de foudre, chez l'homme comme chez la femme. Nous pensons par ailleurs que tout individu possède en lui-même l'Anima ET le Prince charmant. Dans la mesure où nous sommes tous androgynes du point de vue du corps subtil, il est logique que nous ayons fabriqué ces deux archétypes, éventuellement en les déclinant sous plusieurs modes - en tous cas on les retrouve tous dans le roman dharmique. Un homme qui écrira l'histoire d'une héroïne lui trouvera un Prince Charmant, et s'il écrit l'histoire d'un héros, il lui trouvera une Anima. Il en ira de même pour une femme. On peut simplement dire que chez l'homme, c'est l'Anima qui va se révéler dans sa vie matérielle, alors que chez la femme, c'est le Prince Charmant. On voit donc que le roman dharmique permet de révéler des karmas qui ne seront pas révélés par notre vie quotidienne, c'est l'un de ses grands avantages.
Au premier niveau enfin, on rencontrera les archétypes les plus puissants, les personnalités-mana, représentées par l'image de la Grande Mère ou du Vieux Sage, qui peuvent être déclinés sous de multiples formes plus ou moins positives. Ici, nous pensons de même que chacun d'entre nous possède en lui-même ces deux archétypes. Par ailleurs, nous aurions tendance à penser que le Soi, tel que présenté par Jung, est encore un forme d'archétype, une archétype totalisant, qu'il faudrait encore dépasser afin d'atteindre un état sans élaborations mentales. A ce stade, on est redevenu comme un petit enfant androgyne, et l'on peut dire que le Roman dharmique a atteint son premier but, qui est de nous rendre aptes à la pratique du dharma. L'imagination régénérée en imaginal devient l'instrument de réception des trésors de l'état naturel.
Par ailleurs, on en viendrait facilement à représenter l'ensemble du processus comme nous l'avons fait sur le schéma ci-dessus. On y reconnaît la structure de l'arbre des Séphiroth, dont l'un des sens pourrait donc être l'ordre du développement humain.
A lire : http://www.bouddhanalyse.com/bouddhanalyse/jung/JTheory.htm
B. La découverte des trésors de l'esprit.
Lorsque l'âme a retrouvé sa complétude débute un autre processus, où l'on n'écrit plus pour soi, mais pour manifester les trésors de l'esprit qui se manifestent spontanément dans l'âme régénérée. Ici, il n'y a plus de méthode, puisque tout surgit de plus en plus spontanément.
En effet, lorsque lhistoire et les personnages tiennent debout, cela
permet de constituer un « réservoir à transmission »,
à partir duquel les bénédictions peuvent être intégrées
aux personnages, et donc à leur auteur, puisquils en sont lémanation.
A ce stade, nous commençons à posséder notre propre univers
de pureté, et nous pouvons débuter lintégration véritable
des enseignements des maîtres. En effet, notre roman forme une trame dense
et complexe assemblée en un maillage serré de vents purs, qui
reflète les progrès de la purification de notre corps subtil.
Alors la transmission unique, qui réalise un transfert spontané
et spécifique de connaissances et de savoir-faire dans le coeur des personnages
comme de leur auteur, sur la base de lamitié partagée, sans
désir de reconnaissance ni desprit de rivalité, prend tout
son sens. Le roman nous met en connexion naturelle avec la « Matrice avatarique
», qui évolue au-delà des normes, et nous permet de nous
relier tout particulièrement à laspect infiniment créateur
du divin.
3/ Dans la pratique
Pour pratiquer le roman dharmique, il est utile de rassembler une vaste collection dobjets et de sujets détudes en puisant à lintérieur comme à lextérieur, constituer une sorte de cabinet de curiosités vivant qui permettra dinvestir de sens nos histoires. Tout est bon à prendre pour le chercheur aux « crocs de vampire », depuis les news et les séries télévisées en passant par les documentaires animaliers et les reportages sur la mafia, jusquaux traités abscons de métaphysique. Le rassemblement et cette collecte de mémoire vivante permet de déterrer un maximum d'images chargées de shakti en un temps minimum. Dès leur détection, nous devons sans tarder les introduire dans notre Roman, telles des poissons dans un aquarium, et les encourager à s'exprimer.
A. Débuter son Roman dharmique
L'étape la plus difficile est la constitution de l'aquarium initial.
Il sera composé de toutes les images qui nous fascinent le plus à
l'origine, et qui forcément, vont contenir des traits les opposant les
unes aux autres. Par exemple un roi tyrannique et une douce bergère,
une méchante sorcière et un joli prince...
En fait, il y a toutes les chances pour que l'on tombe en premier lieu sur l'Ombre
et la Persona, qui par définition se détestent et ne veulent rien
avoir à faire ensemble. Nous aurons donc les ingrédients d'une
histoire avec un méchant et un gentil, mais contrairement, à ce
qui se fait habituellement, notre mission consistera à les faire devenir
amis. Une fois cette amitié établie, de nouveaux archétypes
vont se présenter, la femme idéale, le maître spirituel...
qui chacun vont nécessiter un traitement spécifique qui n'est
précisément pas celui qu'on leur réserve ordinairement.
La femme idéale, ne devra ni rester idéale, ni s'effondrer dans
la banalité du quotidien, mais trouver sa juste place, ce qui permettra
au héros lui-même de trouver sa juste place. En somme le faux yin
et le faux yang mis ensemble pourront donner naissance au vrai yin et au vrai
yang, la molle sensibilité et la force brute pouvant enfin devenir la
force subtile. Semblablement, le maître spirituel (archétype du
Vieux sage ou de la Grande Mère) ne devra ni rester sur un piédestal,
ni devenir un escroc patenté, mais révéler ses véritables
qualités. A force d'infuser les qualités des uns aux autres, nos
vents contaminés, qui ne sont contaminés que parce qu'ils sont
opposés les uns aux autres, vont retrouver leurs qualités premières
et retrouver le chemin du canal central.
On constate que c'est en s'unifiant progressivement, en donc en intégrant des qualités que la psyché se rend apte à affronter les niveaux supérieurs. Sans ses qualités, elle sera "mangée", simplement. Par exemple, dans le Seigneur des Anneaux, on a un Sauron surpuissant au niveau du mana, et de l'autre côté un Gandalf qui est loin d'avoir un pouvoir équivalent, sans parler du reste (nous parlons ici de la puissance de Shakti manifestée par les personnages). Au final, il n'y a pas d'autre solution que de le tuer. Car pour le "convertir" ou "subjuguer" un démon d'une telle ampleur, il aurait fallu quelqu'un de la trempe de Gourou Rinpoche, que Tolkien n'était pas près de commencer à pouvoir imaginer. Cela dit, on peut aussi remarquer que Sauron reste un puissant démon parce que son caractère n'a pas été précisé. Si l'on regarde par exemple Morgoth, son maître, décrit dans le Silmarilion, il est décrit à la base sous les traits d'une personnalité-mana, mais il s'effondre progressivement dans un petit personnage mesquin. Tolkien a touché, en quelque sorte, l'archétype de Lumière (sous forme d'une lumière négative), mais il s'est révélé incapable de l'investiguer réellement. Si cela avait été le cas, il aurait créé des personnages positifs d'une réelle ampleur.
B. Identifier correctement les archétypes.
Ce qui permet d'identifier un archétype (pour une analyse après coup, en effet, il est préférable de ne rien analyser pendant l'écriture), c'est son niveau d'énergie et ses qualités réelles, et non son apparence. Par exemple, un personnage de Roi peut représenter soit l'Ombre ou la Persona, soit le Prince Charmant, soit le Vieux sage. En creusant un personnage et en décrivant son quotidien, on est obligé de le ramener à ce qu'il est véritablement, on ne peut pas mentir. Soit il se révélera assez pitoyable et ce sera un archétype de 3è niveau, soit il se révélera séduisant et plein de qualités, ce sera un archétype du second niveau, soit il se révélera véritablement puissant, et ce sera un archétype de 1er niveau. Si l'on prend l'exemple de Dark Vador, que tout le monde connaît, on dira spontanément "Ah, c'est l'Ombre !". Mais en réalité, il est beaucoup trop puissant, pour être un archétype de 3è niveau. A notre avis, il s'agit d'une personnalité-mana négative, donc très puissante, donc extrêmement difficile à intégrer. En conséquence de quoi le scénariste n'a pas pu, il a été contraint de le dépouiller de son pouvoir et de le ramener au 1er niveau, ce qu'il a fait dans un premier temps en révélant sous le masque un pauvre père pitoyable, et dans un second temps, en lui révélant un jeunesse de racaille Jedi. Dans l'épisode 2, il a flirté avec l'archétype du Prince Charmant, pour s'effondrer dans un personnage assez mesquin dans l'épisode 3, qui en fait à ce moment une figure de l'Ombre. Mais dans les épisodes 4 et 5 il a clairement la stature d'une personnalité-mana, c'est ce qui explique la fascination qu'il exerce sur les foules et qui n'est pas près de touver sa résolution puisque le film ne la fournit pas.
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C. Les personnalités-mana.
Il est facile de "toucher" le bord d'une personnalité mana en introduisant dans son roman un puissant maître spirituel ou un puissant démon, parce que ces archétypes existent réellement dans la psyché de l'auteur, mais on constate que chez les "débutant", ils vont automatiquement s'effondrer dans des archétypes de niveau inférieur, tout simplement parce que le moi conscient n'est pas capable de les percevoir réellement. Grâce au travail d'intégration, il se rend cependant capable d'y accéder, et de définir leurs qualités de plus en plus précisément.
De même que nous ne pouvons pas percevoir les qualités d'un bouddha depuis notre état ordinaire de base, le Roman dharmique nous montre que nous ne pouvons pas créer dès le départ des personnages investis d'une réelle puissance. C'est seulement avec le temps et l'intégration de la psyché que cela devient possible. Par conséquent, on se verra contraint de créer des personnages "négatifs" jusqu'à avoir atteint le premier niveau et l'avoir intégré. En effet, les canaux latéraux induisent non seulement une polarisation masculin/féminin, mais aussi positif/négatif. On a donc possiblement 4 familles d'archétypes à chaque niveau. Masculin positif et négatif, féminin positif et négatif. En tous cas, on se rend vite compte que le seul moyen d'intégrer l'Archétype de Lumière, c'est de lui opposer des qualités tout à fait réelles de compassion et de dévotion, qui vont lui montrer que la véritable puissance, c'est l'amour, et non le pouvoir matériel ou occulte.
D. La découverte interne du dharma.
Il ne faut donc pas s'imaginer que cela va se faire en deux temps trois mouvements. Cest une oeuvre de longue haleine qui permet de développer un faisceau de qualités, de ruse, dinitiatives et de discipline combinées. Et au final, il nous met en connexion avec tout ce que nous désirons. Il nous suffit d'introduire l'objet qui nous intéresse dans notre aquarium désormais empli de merveilleux poissons multicolores, qui serviront alors de révélateurs des qualités cachés de l'objet en question. Plus ils seront nombreux et diversifiés, plus il y aura de révélations. Par exemple, si nous désirons obtenir des cognitions valides sur un maître, nous devrons créer un personnage lui ressemblant, et le faire interagir avec les autres. Si nous voulons obtenir des cognitions valides sur un enseignement, il nous faudra l'introduire parmi nos personnages et voir ce qu'ils en font. En fait, on remarquera que dès que l'on assistera à un enseignement ou dès que l'on rencontrera un personnage marquant, il s'introduira tout seul dans notre Roman dharmique, souvent à notre insu. C'est plus tard qu'on s'en apercevra, on constatant d'étranges ressemblances. Sauf que notre mental aura retenu le sens conventionnel et que notre roman révélera le sens caché, ce qui explique qu'il faille un peut de temps pour s'apercevoir de la correspondance. Les choses semblent s'inventer d'elles-mêmes dans le roman, et soudain l'on s'aperçoit qu'elles existent dans quelque chose qu'on a lu un jour. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire de se cultiver. Si l'on ne connaît rien, il est peu probable que quelque chose en sorte, car on s'aperçoit que ce qui émerge du roman correspond presque toujours à des enseignements reçus, révélant simplement des sens "secrets" qui n'avaient pas été perçus. A moins que l'on soit un véritable tertön, il est peu probable que l'on découvre ce que l'on ne nous a jamais enseigné.
E. Un avantage inattendu
On s'aperçoit au fur et à mesure de l'évolution que les
histoires ordinaires dont lego aime habituellement sabreuver perdent
leur base, car elle a été sapée par la mise en place de
lenvironnement du roman et les liens damour entre les personnages
rassemblés autour dun couple divin. Nous devenons quelquun
de très ordinaire en façade, mais à lintérieur
nous vivons des aventures extra-ordinaires, beaucoup plus réelles que
notre univers samsarique terne qui commence à disparaître. Car
il y a une conséquence tout à fait inattendue au stade de génération
par le roman. Cest que les histoires quon a envie de créer,
on arrête de les inventer à son propre sujet, mais on les attribue
à nos héros, à nos dakas et nos dakinis. Le problème
nest donc pas dinventer des histoires, contrairement à ce
quaffirment pompeusement les censeurs spiritualistes, mais de leur choisir
toujours le même héros : « moi ».
Car lego consiste à tout ramener à soi, et à stocker
« lhistoire du monde dont je suis le centre » dans sa Ford
intérieure minuscule, dont la carrosserie et les fenêtres sales
nous masquent dailleurs la vastitude et limmensité de lunivers.
Autrement dit, même sils nous arrive un tas de choses mirifiques,
ça ne fait pas disparaître la Ford, parfois cest même
le contraire. Il y a donc deux antidotes à cela : le premier cest
de sintéresser aux autres. Dans la mesure où cest
« moi mintéressant aux autres », il ne sagit
évidemment que dune mesure temporaire destinée à
produire un certain élargissement des horizons. En revanche, dans le
stade de génération romanesque, le moi grossier disparaît
(pas le moi subtil), au sens où le centre de lhistoire devient
la congrégation des personnages. Le héros, au fur et à
mesure de sa progression, ramène de moins en moins les choses à
son « moi », et il devient lui-même une force divine agissante.
Ce qui fait quau final, ce qui nous occupe lesprit en permanence,
cest un être illimité, et qui en plus nest pas nous-même
au sens de notre ego relatif. La sécurité est double.
Cest finalement labsence de cette échappatoire qui a piégé beaucoup de pratiquants. Comme lesprit adore inventer des histoires qui arriveraient à quelquun, ce quelquun cest eux. Même si nous nécrivons pas tout dans notre roman, tous les jours il arrive de nouvelles aventures, et le héros tombe amoureux de nouvelles personnes, il va être le père de nouveaux enfants, il reçoit de nouvelles initiations, il apprend de nouvelles choses, les gens lui font de nouvelles plaisanteries et il arrive aussi des choses aux gens autour de lui, qui font partie du mandala. Et cest ce qui finalement nous a frappé : si toute cette imagination devait être mise au service de notre propre histoire où en réalité il narrive rien, on imagine à peine la quantité dhistoires délirantes que nous devrions inventer. Ici tout devient clair, pourquoi les new-ageux doivent sinventer sans arrêt des missions et des qualités pour sauver la terre et lhumanité. Car cest ce qui apparaît dans toutes les pubs de stages, ce sont en réalité des contes où chacun sest inventé une histoire et essaie de la faire croire aux autres, doù le côté totalement malsain. De ce fait, on comprend lattitude hinayaniste qui veut couper tout ce fatras, mais ça ne peut pas marcher car si on ne peut plus rien imaginer, on s'enferme dans un vide artificiel. Si cest le prix pour une diminution de légo, vraiment ça na pas dintérêt. Car en réalité la tendance naturelle de lesprit est à la multiplication, comme on le voit avec les visions de thögal censées se multiplier jusqu'à la fin de la Troisième vision. Donc lego nest finalement que le résultat de la tendance naturelle de lesprit à créer du nouveau. Cest pour ça quil arrive sans arrêt des nouvelles histoires à telle ou telle personne que nous connaissons, mais on voit bien en même temps que cétait tout à fait ridicule. Pour notre part, nous avons réussi à reporter tout le poids de ce ridicule sur une poignée de malheureux personnages qui vivent des histoires qui narrivent à personne dans la vie réelle, et si nos histoires pourraient sembler caricaturales à lesprit ordinaire, cest uniquement si on oublie que 1) le but est la multiplication de la substance nirvanique, pas le réalisme samsarique 2) grâce à ça nous navons plus besoin que Jésus nous confie une mission pour sauver le monde, et nous pouvons pratiquer tranquillement la religion du ciel et du soleil 3) des gens réels se les inventent pour de bon, par absence de Roman dharmique.
Conclusion
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