L’esprit de la danse classique indienne et la purification du vital médiant

Une aventure sportive et épuisante



A mes débuts j'écrivais :

"Hier, j’ai assisté à un cours de Bharata Natyam sous la direction du Professeur (c’est comme ça qu’elle se fait appeler, en toute simplicité…).
J’ai beaucoup aimé cette expérience, qui m’a donné l’occasion de voir un cours de cette forme de danse en direct et d’observer la prof avec les élèves. Et je sens que cette danse peut transmettre pas mal de trucs, même si c’est surtout l’aspect rythmique qui est mis en valeur dans le cours, et pas trop l’aspect psychique, un peu laissé pour compte (toute la détente du visage et le travail des yeux et des traits ; mais là c’est le cour débutant et ça c’est pour les plus avancés, mais enfin je crois que l’aspect le plus riche spirituellement est un peu négligé de toute façon : au spectacle que j’ai vu dimanche dernier pour Divali, à part la prof, les élèves sont un peu artificiels ).
CDC a déjà commencé, et elle a une posture de base très intéressante, avec un truc très vivant, qu’on ne ressent pas du tout chez tout le monde. D’ailleurs la prof lui a demandé si elle pratiquait déjà la danse. Mais il va falloir muscler tout ça parce que la séance d’étirement de la fin, ça décoiffe les grands-mères et les vieux pépés !
Je n’ai pas encore tout à fait décidé si je m’inscrivais, car il faut régler à l’avance pour toute l’année, et c’est plus cher que l’Aïkido, et en plus c’est beaucoup plus « martial ». A côté de la férule de Shalika, l’aïkido semble fait presque pour les enfants de choeur ! Quel karma…

La semaine suivante :
"Le Professeur n’a cédé à aucune de mes jérémiades pour l’inscription, alors même que j’avais tenté de l’amadouer en achetant le punjabi et ne le mettant pour la première séance. On paye tout et cash sur le champ, même si on s’arrête en cours de route. C’est une forme d’engagement « alla indiana ». D’ailleurs le respect au gourou et tout ce qui entoure me paraît un peu extérieur. C’est le côté obéissance habituel, mais un peu poussé à l’extrême. On est rien, le maître est tout. Cela ne vous rappelle rien ? L’indien est roi, l’occidental un déchet. Mais en même temps, le Professeur est très occidental, et il a un peu des accents à la limite de « banlieue » et un peu populaire. C’est assez amusant. Et ça continue aux dire des élèves même après des années de pratique. Sinon il y a l’obsession des examens comme ailleurs, en fait le passage qui donne aux grands élèves de donner des récitals et qui a un nom à coucher dehors… Mais c’est très coûteux aussi. Sinon le Maître a des bons côtés physiques, rythmiques, et un véritable « ancrage », beaucoup plus fiable que Kar-Fung et palpable, avec une énergie vitale extraordinaire, et surtout des « bhavas » plus psychiques qui s’expriment par les yeux (mais pas pour hypnotiser, des vrais expressions de danse, me semble-t-il, qui correspondent à l’ouverture de circuits). Je pense que ça pourrait vraiment m’aider à me coordonner et à faire certains ponts avec le physique qui manquent encore. Mais bon je vais voir".


Aujourd’hui, l’aventure est déjà terminée, après seulement quelques mois de pratique, car nous n’avons fait qu’enchaîner mécaniquement des séries dans une ronde et une giration sans fin et le Professeur n’a fait aucune démonstration de son art, montrant avec retenue et jalousie chaque série de mouvement. L’illustration parfaite du samsara et de son mouvement de folie qui peut être fascinant par certains aspects. Le vampire vital se repaissait visiblement de ses victimes harassées de fatigue, une « bonne séance » consistant à sortir vide, épuisé, mort mais heureux pour les victimes consentantes de s’être « données » corps et âme. J’aimais bien le Professeur, mais j’aime bien aussi ma santé. Le psychique n’est pas encore apparu par cette pratique, mais il ne perd rien pour attendre, car il suffit de regarder certaines danseuses pour le voir s’exprimer ouvertement. Il existe donc bien à l’état latent. En attendant sa révélation, nous allons continuer et poursuivre la pratique, mais à notre rythme, tranquille et doux. Cdc a réalisé quelques croquis, pour mémoriser les « adavous », qui nous seront utiles pour poursuivre cet atelier.