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Star
Trek Nouvelle Génération. Data, métaphore
du pratiquant moderne.
Récemment, j'ai entrepris de regarder Star Trek TNG,
tournée entre 1987 et 1993. Il faut dire que j'aime bien le Capitaine
Picard, qui est un brave homme. En fait, les personnages sont dans l'ensemble
très bienveillants envers leurs semblables, ce qui permet de mesurer
la dégringolade des valeurs qui a eu lieu seulement en dix ans,
par exemple entre une série comme celle-là et Farscape.
Farscape est certainement plus divertissante, avec plus d'effets spéciaux,
mais elle est aussi beaucoup plus tordue à tous points de vue.
Ne parlons même pas de séries plus récentes, comme
Dexter. Certains peuvent voir un progrès dans l'apparition de ce
genre de séries, plus "libres" dans leur conception des
choses, nous y voyons plutôt une inquiétante progression
vers l'ignorance et les couches inférieures du samsara. A force
de détruire le peu de structures encore présente dans l'esprit
de nos concitoyens, il ne faudra pas s'étonner de croiser de plus
en plus de Dexters. Car ce personnage n'est ni un mauvais bougre ni un
génie du mal comme le Pr Moriarty, simplement un pauvre gars perdu,
sans références et sans structures.
Mais revenons à Star Trek. Un personnage qui m'était antipathique
dans les films me devient de plus en plus sympathique au fil de la série.
Il s'agit de l'androïde Data. Il représente assez bien l'homme
moderne. De l'intelligence mathématique à revendre, mais
un sérieux manque de clarté. Dans son cas, c'est normal.
Bien qu'étant pourvu de vents et de canaux, il est dépourvu
de gouttes. Nous dirions d'ailleurs que c'est précisément
ce qu'il cherche à acquérir : l'instrument d'une liberté
métaphysique. Cependant notre cas n'est pas si différent
du sien, dans la mesure où, en tant qu'Occidentaux, notre corps
subtil - et physique - est très endommagé du fait de notre
mode de vie. L'élément subtil qui nous différencie
des anges et des êtres des bardos en tant qu'êtres fondamentalement
libres, les gouttes, est chez nous dans un état critique.
Durant les premiers épisodes, je ne comprenais pas bien le problème
de Data. Il veut devenir humain et ressentir des émotions, mais
la présence même de ce vouloir indique que le but est atteint,
et tout le comportement du personnage montre d'ailleurs qu'il ressent
une large gamme d'émotions, et qu'il possède une liberté
qu'il ne devrait pas, en tant que "machine". Je me suis dit
qu'il y avait une incohérence de scénario. Cependant, si
l'on compare le cas de Data au nôtre, en tant que pratiquants, nous
trouvons qu'il incarne parfaitement notre problème, et qu'il est
d'ailleurs le seul à l'incarner.
En effet, lorsque nous allons voir un maître, nous pouvons constater
clairement qu'il nous manque quelque chose dans notre état ordinaire.
Nous pouvons ressentir en nous la présence d'une potentialité,
qui n'est actuelle qu'à l'état de trace, ou de germe. Nous
trouvons en nous la trace de l'amour de Dieu, ou de notre nature de bouddha,
mais c'est comme le vague parfum de la Dame au Lys. Nous savons qu'elle
est passée par là et qu'elle existe, ce n'est pas pour autant
que nous sommes mariés avec elle. Nous voilà donc frustrés,
pleins de l'évidence qu'il nous manque quelque chose de fondamental,
et cependant incapables de l'obtenir, du fait de notre constitution débile.
De même, Data ressent suffisamment de choses pour savoir qu'il existe
la possibilité d'un état où ces choses seraient pleinement
actualisées, et comme nous il se heurte à l'inadéquation
de sa structure physique.
Les autres personnages, en revanche, n'ont aucune conscience de leur état
dramatique. De même, la plupart des gens qui nous entourent estiment
que leur structure psycho-énergétique est à peu près
correcte, et que s'ils sont malheureux, c'est à cause des circonstances,
ou d'un software défectueux. Identifier la source de notre malheur
comme un problème de hardware n'est pas si facile, car cela implique
que les méthodes douces ou faciles ne vont pas fonctionner. Cela
implique également que n'importe quelle information correcte qui
se présentera en entrée sera tordue en chemin et mal interprétée.
Pour de plus amples développements, nous renvoyons le lecteur à
l'introduction
de notre site.
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