J'ai
acheté ce petit livre sur les conseils d'une personne rencontrée
à un yagna, le sujet semblait intéressant, le titre prometteur.
Naïvement, je m'attendais à trouver des informations sur le
corps d'arc-en-ciel chez les alchimistes. Malheureusement, dès
les premières pages apparaît une erreur de Vue fondamentale,
qui ne fait que se confirmer ensuite, et qui nous semble particulièrement
insidieuse. Elle se résume en une citation située en tête
du premier chapitre "Dieu est immobile, la création est mouvement".
Plus loin "Dès qu'il y a agitation, il y a différence
(...) Dès l'instant qu'il y a forme, il n'y a plus Lumière
(...) La création naît de l'agitation de l'immobile (...)
La lumière est une espèce de cristal de stase". Etc.
En somme, le mouvement, la création est synonyme de Chute. Retrouver
Dieu, c'est arrêter le mouvement. C'est ignorer le principe fondamental
des Traditions orientales : trouver le repos dans le mouvement, et le
mouvement dans le repos. L'union du Yin et du Yang. De Dieu et de la Création.
Dans le bouddhisme on dit qu'il y a indifférenciation de la Clarté
et de la Vacuité. Autrement dit, la Vacuité est rayonnement,
dynamisme, tsel. Le problème n'est ni la forme ni le mouvement
ni la création, c'est la saisie. Dans la cosmologie bouddhiste,
à l'origine il n'y avait "rien", tout n'était
qu'énergie potentielle contenue dans les parois du "vase de
jouvence", le dharmakaya. Puis ces parois se sont déchirées,
et la création a émergé. Cette création présente
deux modalités, samsara et nirvana. Le samsara est l'état
de la conscience qui ne reconnaît pas sa nature primordiale, clarté
vacuité, tandis que le nirvana est l'état de celle qui la
reconnaît. Le nirvana n'est pas un état d'immobilité,
c'est même tout le contraire, c'est un état de création
spontanée, de liberté fondamentale, d'émergence non
obstruée. |