Imaginal humain, imaginal divin

Dr Manhattan, le tout-puissant qui ne sait plus où il habite

En repensant récemment au film Watchmen, mais pas seulement, et en nous retrouvant confrontés une fois de plus aux mêmes archétypes, une évidence nous a soudain sauté aux yeux : il y a deux sortes d'imaginal. L'imaginal humain et l'imaginal divin.
L'imaginal divin, c'est l'imagination vivante directement inspirée par le divin, les images sont celles de terres pures, d'anges, de Saints, de temples…
Mais il se trouve qu'il existe dans notre imaginaire d'autres images tout aussi fortes, quoique n'étant pas directement marquées du sceau du divin. Nous repensions par exemple à tout l'imaginaire lié à la guerre, un imaginaire qui n'a absolument rien à voir avec la triste réalité de la chose. Pour découvrir cet imaginaire, il nous suffit de voir comment il a été mis en images au cinéma. Tandis que certains réalisateurs essaient de décrire la réalité de la guerre, d'autres s'inspirent clairement d'une source imaginale. Nous repensions par exemple à la scène où le Dr Manhattan apparaît en face de Viet-Congs dans Watchmen, à la façon dont la guerre est filmée dans Riddick 3, Le Seigneur des Anneaux, Babylon 5… et dans bien d'autres films ou séries. Nous avons tous en mémoire des images de Légions romaines rutilantes marchant sous le soleil, de Vikings débarquant fièrement de leurs Drakkars, des hordes d'Uruk Hai marchant sur Helm's Deep, ou de magnifiques vaisseaux spatiaux semant la désolation sur leur passage… Il y a certainement un côté horrible, mais l'aspect esthétisant l'emporte largement, un aspect qui n'apparaît pas du tout dans les reportages du Journal de 20h.

Babylon 5, vaisseau Vorlon

On pourrait se demander d'où vient ce côté esthétisant, qui n'a jamais correspondu à la réalité. Ce qui revient à s'interroger sur l'origine de sa force, car il a hanté nombre de générations à leur insu, poussant un nombre conséquent de jeunes humains à aller se faire tuer.
L'imagination ne possédant pas cette puissance, il nous paraît clair que nous avons affaire à une catégorie d'imaginal que l'on pourrait qualifier de primitif. Imaginal, parce qu'il est nourri de Shakti, mais il s'agit d'une Shakti sauvage, située au plus bas niveau. Nous devons nous souvenir que la Shakti nourrit les centres énergétiques à tous les étages, dans une certaine mesure, mais que si le canal central est compartimenté, il n'y a plus la force de la cohésion, et chaque étage va entretenir une catégorie particulière de numineux autonome, qui ne sera pas relié au reste. Afin que l'ensemble retrouve son intégrité et son unité, il nous faut libérer tous ces archétypes et les relier au divin, réunir Shakti et Shiva.

Bref, au cours de notre voyage spirituel, nous allons rencontrer différents niveaux d'imaginal qu'il nous faut reconnaître comme tels car ils ont effectivement capté l'énergie de la Shakti au niveau de chaque chakra, et nous devrons réintégrer cette énergie, ce qui se fera en reliant ces contenus les uns aux autres. Nous devons donc, en premier lieu, les reconnaître, et ensuite, les relier. Pour ce qui est de les reconnaître, c'est en voyageant au sein de notre paysage intérieur, en repérant les images les plus vivantes, et en repérant à quel niveau elles sont situées. Autour de chaque chakra, on trouvera normalement un "nuage" de signification, une quantité d'images chargées de sens et reliées entre elles, dont l'évocation permet l'ouverture du chakra en question.

Difficultés de la communication en entreprise

Ensuite, nous devons les relier. Pour cette deuxième étape, nous commençons par le bas. En fonction de notre karma, nous n'allons pas résonner de la même manière avec les mêmes images, mais il y a fort à parier que l'imaginal du premier chakra est celui de la guerre (voir aussi l'article La source de la puissance créatrice, dans la Somme Théoscopique). On notera corrélativement que les personnage de ce niveau ne sont pas véritablement sexués, ce sont des énergies primitives, antérieures à toutes distinctions de genres, qui ne cherchent que leur propre survie sans autre considération. Ce sont des destructeurs de mondes ou d'univers, comme Galactus ou The Fallen, pour qui l'autre n'existe pas. Le jour où Nova déclare son amour à Galactus, on peut dire qu'elle se fait recevoir. Quant à The Fallen, malgré sa belle voix de mâle, il suffit de regarder sur la photo de l'article précédent pour constater qu'il est d'un genre indéterminé.

Pourtant, il va bien falloir que ces énergies acquièrent un genre, car la relation à l'individu de sexe opposé est la clé imaginale de la remontée dans le canal central. En effet, l'ouverture du deuxième chakra est suscitée par le désir d'union et l'imaginal associé. C'est l'histoire de la Belle et de la Bête. La Bête est verticalisée par la Belle et commence grâce à elle son ascension vers le divin. L'histoire de leur ouverture au monde constitue l'imaginal du troisième chakra, qui n'est plus celui d'un désir où il n'y a que Deux, mais de l'amitié et du monde humain dans son ensemble. On y trouve une forme d'amour désintéressé pour l'Autre, mais qui reste dualiste. Le quatrième chakra ne sera atteint que par le don de soi, marquant l'entrée dans l'imaginal divin, qui évoluera vers une dématérialisation progressive des représentations.

Si donc nous évoquons la Shakti à l'aide de l'un de ces êtres puissants dont l'imaginal réside dans notre premier chakra, son évolution est simple : tomber amoureux, découvrir le monde, et se sacrifier pour lui. Si cela semble difficile, c'est par manque de plasticité mentale et de créativité. Nous ne devons pas nous laissez dominer par nos réprésentations, mais les adapter à nos besoins. Le seule règle, c'est que cela fonctionne. Ici, nous manipulons des énergies, pas de la matière solide.