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Qui veut faire l'ange fait la bête
Une personnalité équilibrée se définit par un canal central ouvert, ce qui permet à l'énergie du bas de monter, et à l'énergie du haut de descendre. C'est ce à quoi devraient s'atteler tous les pratiquants. Malheureusement, pour ouvrir le bas du canal central, il faut faire face à tous les karmas situés à ce niveau - en gros, notre noyau psychotique, additionné de notre violence plus ou moins latente, de notre fascination du pouvoir, de la guerre et du sexe, et de tous nos comportements animaux. Personne n'a envie de ça. Ce qui se passe donc le plus communément chez l'individu qui se pique de spiritualité, c'est que, puisque le canal central est fermé au niveau du brahma granthi, juste au-dessus du premier chakra, il refoule tout son désir sexuel et toute sa colère, et ensuite il ouvre les chakras du haut afin d'avoir de belles expériences. Il en résulte la personnalité typique que nous connaissons tous - yeux brillants, imagination exaltée, délires de grandeur... La personne évolue entre transes mystiques et inertie - à moins qu'elle puisse se nourrir sur d'autres -, ce qui est obligatoire, puisque le véritable moteur qui devrait la soutenir est éteint. Et plus le temps passe, plus le déséquilibre augmente, dans la mesure où ses expériences l'ayant convaincue d'être sur la bonne voie, elle sera de moins en moins prête à faire face à son côté obscur.
Mais le pire, ce n'est pas cela. Le pire, c'est que l'énergie du bas, bien qu'étouffée et refoulée est toujours active, à l'insu de la personne. C'est ce qu'on appelle l'insconcient, et que les psychologues ont à juste titre situé en-dessous du diaphragme. Autrement dit, la personne est mûe par de nombreuses émotions négatives, qui sont visibles à tous, sauf à elle-même. Poussé à l'extrême, cela donne des individus ressemblant à ce qu'on voit dans ce sketch des inconnus (nous ne parlons pas du gourou mais de son bras droit) qui soi-disant baignent en permanence dans le bliss, mais que tout le monde trouve insupportables. Ce qui est insupportable, c'est le traitement qu'elles font subir à leur shakti, qui en devient malade et produit une énergie négative qui suinte de tous les côtés. Que faire docteur ? Rien. Lorsque vous avez affaire à une personne qui vous fait face les yeux plein d'étoiles, vous n'avez certainement pas envie de lui mettre le nez dans vous savez quoi. De toutes façons elle refuserait et cela ne ferait que nourrir sa fuite vers le haut. Imaginez un enfant qui ne voudrait manger que du gâteau au chocolat. La meilleure chose à faire semble encore de lui en acheter beaucoup, afin qu'il aille plus vite au bout de son expérience, et ensuite il y aura peut-être moyen de discuter. Si vous lui interdisez le gâteau, il ne va rien manger et ce sera pire, parce qu'il vous accusera de son malheur. En somme, on peut espérer intervenir au début, lorsque le déséquilibre est encore léger, mais ensuite il faut changer de tactique : si l'on veut aider la personne, la seule solution consiste à la pousser plus vite dans le mur, en espérant qu'elle l'atteindra dans cette vie. Ceci explique que de nombreux gourous authentiques aient des bras droits infects, et semblent les pousser dans le vice. S'ils les prenaient à rebrousse-poil, ils partiraient et créeraient une association "anti". Ce qui arrive parfois, lorsque le disciple n'est pas assez utile à la société. En effet, soit le disciple a des capacités qui le rendent utile aux autres, auquel cas le gourou va s'en servir et le sacrifier au bien commun, en lui faisant croire qu'il est un excellent disciple, voire un être réalisé. Soit le disciple n'est pas très utile et le maître peut se permettre de le contrer et de s'en faire un ennemi.
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