Vrais et faux gourous

 

Hier, en tombant par hasard sur le site prevensectes, nous avons trouvé des choses assez intéressantes, qui nous ont convaincu du fait qu'il nous est finalement impossible de discerner un vrai maître d'un faux. Quand on voit le site de Gurumayi Chidvilasananda, elle ne semble ni pire ni moins bien que beaucoup d'autres, sa lignée relativement correcte, le discours classique. Sans parler des témoignages de disciples, mirifiques. Cependant, quand on va voir les témoignages des détracteurs, toute la perspective change d'un coup. Pour chaque maître on trouve évidemment des disciples et des détracteurs, mais dans ce cas précis, la variété des arguments présentés et leur nombre font basculer le Siddha Yoga du mauvais côté. Entre les abus, les menaces, les malversations financières, la chirurgie esthétique de Gurumayi, cela fait décidément trop. On nous objectera que les arguments contre Sai Baba sont les mêmes (il est d'ailleurs considéré comme secte), la chirurgie esthétique en moins... Peut-être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Quoi qu'il en soit, il nous semble très probable que Gurumayi soit un faux maître, cependant nous n'aurions pas su le voir sans ses détracteurs. Ce qui pose la question des maîtres qui ne sont pas assez riches ou connus pour avoir des détracteurs. En fait, si l'on compare le nombre de gens qui se prétendent réalisés, au nombre qu'il sont censés être, il y a un grand nombre d'escrocs sur le marché, à n'en pas douter.

Même constat du côté des disciples, ceux qui se prétendent réalisés sont bien plus nombreux que ceux qui le sont vraiment, et surtout, personne n'est capable d'être objectif. En effet, la plupart des gens, pour suivre un maître, ont besoin de croire inconditionnellement tout ce qu'il dit. Peut-être que c'est un bon choix dans quelques rares cas, mais au vu de ce que nous avons dit plus haut, c'est un mauvais choix la plupart de temps. Il en résulte qu'il est impossible de trouver des analyses objectives concernant les maîtres, de la part de personnes les ayant fréquentées de près. On trouve soit des disciples inconditionnels, incarnant à la perfection le dicton comme quoi "l'amour est aveugle", soit des ennemis inconditionnels qui sont en général d'ex-disciples proches, et la haine n'est pas moins aveugle que l'amour.

Quant aux "expériences" conférées par le maître, elles ne sont pas un critère. Rien n'est plus commun que les diciples ayant connu des expériences mirifiques, et qui sont devenus des ennemis acharnés. Ajoutons à cela qu'il n'est nul besoin d'être un maître authentique pour pouvoir donner un vrai darshan qui fonctionne, ainsi que nous l'avons théoriquement déterminé (voir les articles sur les personnes divines) et expérimenté pratiquement (article à venir). Beaucoup de gens pourraient se déclarer gourous, s'inventer une biographie merveilleuse, donner des darshans et des satsangs, et ça fonctionnerait. Il ne fait donc aucun doute que beaucoup le font, puisque c'est possible.

Quant aux critères objectifs, il est facile de se rendre compte qu'aucun n'est valable, non seulement parce qu'on ne peut se fier à aucun témoignage, mais aussi parce qu'il est impossible de déterminer le sens de tel ou tel état de faits. Par exemple, cette page montre que l'islam ou qu'un certain type d'islam assez répandu répond oui à toutes les questions du questionnaire officiel permettant de déterminer si on a affaire à une secte... et pour les groupements spirituels que nous connaissons, on trouvera que les membres les plus proches du maître pourront répondre oui à presque toutes les questions. Arrivés à un certain degré de proximité avec le maître, les disciples donnent tout leur temps, leur argent, abdiquent tout esprit critique et même toute volonté propre, une attitude dont tous les gourous chantent les louanges, les vrais comme les faux.

En conclusion, c'est toujours face à soi-même que l'on se retrouve. Que le maître soit authentique ou non ne semble pas changer tant de choses que cela, au vu des divers témoignages, mais si l'on veut être à l'abri des déceptions, c'est d'abord en sa propre nature (ou en Dieu) qu'il faut développer la confiance.