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Voyage
au Népal C'est peut être
une bonne occasion d'écrire un premier article dans les Chroniques
Théoscopiennes qu'un retour de voyage du Népal avec un petit
film contenant des images de Swayambhu, un quartier de Katmandou (ce
voyage était aussi un chantier humanitaire mais je ne développerai pas
ce point dans cet article déjà long). J'ai bien conscience
de la qualité moyenne du film, due aux conditions de « tournage »
( pas préparé du tout), au matériel, au manque d'expérience, et la conversion
youtube a déprécié la qualité de l'image. Mais ici comme en spiritualité,
on part de là où l'on peut... Swayambunath est
une colline dont le centre est un Stupa, mais entourée de nombreux temples
plus ou moins petits à la fois bouddhistes et hindous, mais également
de singes, de pigeons et de boutiques de souvenirs passant des Om Mani Padme Om en musique. Ce qui marque,
c'est la cohabitation semble t-il harmonieuse avec une reconnaissance
mutuelle des deux religions: il y a un temple Hindou près du Stupa
(où il y a les bougies dans le film), également les statues, et les
Hindous tournent autour du Stupa, et de même, des Bouddhistes font très
certainement faire des offrandes aux dieux hindous ici, car tout est
mélangé; il y a certainement un dharma commun dans l'esprit des népalais
entre Bouddhisme et Hindouisme. Il y a donc quasiment
syncrétisme à Swayambunath, ce qui ne doit pas être partout comme ça
au Népal car statistiquement, il y a environ 80% d'hindous et 5% de
bouddhistes dont je pense d'après ce que j'ai vu pas mal de familles
de réfugiés tibétains. Également,
il y a une sensation que cette colline est habitée par une force divine,
certainement décuplée par les pèlerins en tous genres qui la font vivre
grâce à leurs multiples offrandes, en lançant du riz, en allumant des
bougies, en faisant tourner les moulins à prières... Cela donne la sensation
d'un véritable darshan des dieux et des bouddhas aux humains présents
dans cet endroit.
Impressionnant
éclat et jeunesses des 3 statues, qui semblent neuves, en effet, elles
sont rénovées tous les ans au cours d'une fête; signe de la vivacité
spirituelle du Bouddhisme au Népal. L'histoire du
lieu m'est contée par un marchand : il y a 8 ans, il n'y avait que 3
petites statues, mais personne ne donnait d'argent; mais ensuite, un
arc en ciel apparut régulièrement au dessus des trois statues. Les gens,
à la vue de ce miracle donnèrent beaucoup d'argent et on construisit
alors les 3 bouddhas dons les 2 derniers furent achevés il y a 3 ans.
Je lui demande s'il était présent à ce moment, il m'affirme que non
mais son collègue y était, celui-ci atteste ; il est possible que ce
soit un authentique lieu saint porteur de miracles comme pour Notre
Dame de la Médaille Miraculeuse, destinée à exaucer les prières;
pour ma part, la vue des 3 bouddhas s'est imprimée dans mon esprit,
et une conception dharmique s'y est développée naturellement et avec
force. Mais je n'ai jusque
maintenant pas retrouvé d'informations précises sur les 3 bouddhas de
Swayambhu, mis à part celles du marchand. 3) Le Benchen
Monastery C'est un monastère
qui fait hôtel. La particularité, c'est que l'on peut assister aux pratiques
en tant que touriste et recevoir le repas des moines, il est aussi très
beau, avec de belles et grandes fresques dans le temple représentants
de nombreux bouddhas dans les montagnes, un environnement qui insuffle
dans l'esprit de véritables Terres Pures, c'est ce qui se passait le
soir en m'endormant dans le monastère. Terres Pures que l'on retrouve
avec l'environnement de Katmandou : très nombreux temples, magasins
de Tangkas et statuettes, gens avec des malas... Mais Katmandou est
évidemment aussi le lieux des misères humaines tel que l'alcoolisme
et la prostitution : un soir, étant un peu perdu, je remarquai plusieurs
personnes âgés qui semblaient avoir beaucoup bu quand on les voyait
d'un peu plus près, notamment un homme qui tomba violemment en vélo
devant mes yeux. Un autre soir, en rentrant au monastère du quartier
touristique, nous aperçûmes de nombreuses prostituées.
Après cet événement
(qui me valut plus tard un voyage à l'hôpital pour me faire vacciner
contre les maladies qu'un singe peut transmettre), nous voilà à la puja
: les moines récitent leurs litanies dans leur décor de Terres Pures,
voilà qui semble excellent pour leur pratique. J'écoute les récitations
comme la résonance du nom divin, et nous avons même droit à la nourriture
des moines, en effet, comme le faisait remarquer Bahdge (grand père
en népalais), le doyen du chantier (61 ans qui contraste avec mes 18
ans), dans leur culture, « les moines et souvent les autres népalais
donnent tout, même quand ils n'ont rien »; une occasion pour moi
de méditer sur la bonté innée des êtres . En ressortant,
mon compagnon n'a pas l'air enthousiaste, en effet, ses impressions
contrastent avec les miennes: « Quel bazar la dedans! », « C'est
la religion comme je la hais ». Étonné par la réponse de cette prof
de sophrologie, je lui demande d'approfondir sa pensée: la religion
est une cloison, avec une discipline imposée de l'extérieur, de même,
les moines ici présents ne sont pas là par vocation mais par contrainte
car on les y a placés étant jeunes.
Elle voit donc dans la religion une prison dans laquelle la liberté
individuelle ne s'exprime pas ou est réprimée. Il est clair que de ce
point de vue, cette voie est loin de mener à la libération, censée être
une totale liberté, et en réfléchissant, peut amener des comportement
schizophréniques dus à la contrainte. Bodnath Ce Stupa est le
plus grand du monde: des pratiquants sans cesse renouvelés y font le
tour, une énergie impressionnante s'y dégage, et même un sentiment d'humilité
s'impose devant les yeux du bouddha et sa sagesse, selon le bahdje,
les yeux sont dans les 4 directions (il est omniscient), le nez est
en symbole de 1 (il a atteint l'unité), les 13 étages en haut de la
Stupa sont les 13 niveaux avant d'atteindre l'éveil. Après plusieurs
tours, je m'assoie dans un coin pour réfléchir: l'élément que mon compagnon
a oublié, c'est que la religion est un contact avec le sens de
la vie, et de son mystère, et je me dis qu'en fait : « tous
ces gens tournent autour de leur propre vie ! ». A ce moment, il
semble qu'un moine au loin tourne la tête dans ma direction puis sourit
et fait même un coucou de la main. Aurait-il lu dans mes pensées qu'il
aurait bien aimées ? Ou peut-être est-ce l'obscurcissement de mon esprit
qui m'aurait fait croire qu'il s'adressait à moi alors que ce n'était
pas le cas. Rétrospectivement,
la question qui se pose, c'est : Quel est ce
sens en fait ? Ils tournent autour
du Stupa, peut être pour chercher ce sens ou plutôt pour s'en rapprocher
puisqu'ils sont dans un système religieux. Un peu comme un mandala autour
duquel on tourne pour se concentrer sur le centre. Ce sens qui est exprimé
par les bouddhas, mais pas complètement réalisé par les pratiquants,
ceux-ci le recherchent, s'en rapprochent, et enfin le retrouvent. |