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Arrivée
à Madras
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1/ Arrivée à l’ashram
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On devine le temple au loin sur la photo
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Dimanche
22 Février 2009, 8h10 à Madras. Premiers pas sur la terre indienne après l’atterrissage
de l’avion à l’issue d’un long vol, avec quelques autres compagnons en quête
de Soi. Mon regard est d’emblée frappé par les statues du panthéon indien
qui ornent les couloirs de l’aéroport. L’esprit vagabondant se plait concomitamment
à imaginer Notre Dame trônant au milieu d'Orly ou Roissy, en compagnie d’une
grande croix… Mais cette imagination par trop insolite est interrompue par
les premiers contrôles de douane : ça y est, nous voilà acceptés. Des
policiers d’allure tout à fait humaine et sympathique avec leur uniforme usé
par l’exercice, errent nonchalamment au milieu du hall d’attente. Près des
vitres, des oiseaux pittoresques s’ébattent sur les branches de palmiers et
de plantes exotiques. Une colline se dessine derrière une vitre teintée bleutée,
prémisse de La montagne sacrée
inscrite à notre tableau de chasse : le sanctuaire d’Arunalachala qui
jouxte le village Tiruvanamalaï, dans lequel Ramana Maharshi a passé sa vie.
Quelques passagers fugitifs se pressent au contrôle des bagages, tandis qu’au-dehors
le soleil commence déjà à darder. Vite, nous nous précipitons pour aller chercher
le billet qui devra nous conduire à Trichy, porte pour atteindre la destination
tant convoitée : l’ashram de Swami Premananda au cœur du Tamilnadu, pour
assister et participer à la Mahashivaratri (1), grande fête du dieu Shiva. Le
Maître donne naissance depuis plusieurs décennies à des lingams
(2) par son corps sacré, après une gestation qui dure
neuf mois. Cette manifestation extraordinaire d’origine divine, dont Premananda
selon ses propres dires n’est pas le créateur mais l’exécutant, représente
une bénédiction pour l’ensemble de la terre. Elle permet d’activer des forces
de guérison universelles et salutaires, en conjonction avec le jeu cosmique
dans son ensemble. Cette année encore l’événement miraculeux devrait avoir
lieu. Car dans cette région pauvre et mystérieuse, encore imprégnée de la
Tradition immémoriale, l’Esprit souffle à profusion et la flamme semble ne
jamais devoir s’éteindre.
La
descente à l’aéroport de Trichy s’effectue dans une chaleur suffocante, qui
laisse deviner la moiteur lors de la mousson. Sur les murs, des photos des
monuments et des temples environnants pour les touristes. Lors de la descente
de l’avion vers la ville, on a pu voir s’esquisser au loin l’ombre imposante
d’un de ceux qui domine la ville, (vraisemblablement « Tiruvainakaval »
associé au lingam de l'élément eau ) et s’impose à elle autant qu’aux visiteurs.
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| Une bonne idée de route en Inde du sud |
Objectif au sortir de l’aéroport, trouver le taxi qui nous amènera à bon port : chose faite en moins de deux et c’est véritablement le début de l’aventure. Une automobile d’une allure rustique, mais redoutablement efficace quand il s’agit d’affronter les véhicules qui parcourent en tous sens une unique route cabossée et en travaux.
Il faut dire pour ceux qui l’ignoreraient que les routes et les pistes indiennes relèvent d’une véritable métaphysique. Elles illustrent parfaitement l’adage de ce vieux philosophe chinois qui dit que tout est un flux perpétuel dans lequel il est bon de savoir nager, d’emprunter la ligne courbe plutôt que la droite, en vue d’arriver à bon port, indemne et sans accident. Bonne façon de lutter contre sa peur viscérale et de voir l’ordre dans le chaos apparent, ou l’auto-ajustement des choses. Un peu d’observation suffit à faire comprendre ce que des courbes et les modèles mathématiques masquent plus qu’ils ne rendent visibles. Bref, une route et un taxi indiens peuvent devenir de véritables « lieux de pouvoir », (au sens où l’entend Castaneda) si on se prend au jeu et on abandonne sa perception mentale. A déconseiller fortement pour les personnes âgées un peu trop sensibles.
Mais
pour peu qu’on adopte cette attitude pendant le trajet, et il devient inévitablement
une expérience initiatique, dans tous les sens du terme. Pour redonner un
peu d’énergie à la déesse qui nous fait parcourir cette piste enchanteresse,
le chauffeur n’a pas hésité à remplir d’essence le réservoir - tout en maintenant
allumé le moteur - procédé magique sans doute hérité d’un rite ancestral,
pouvant doter l’animal d’une bien plus grande efficacité… Et notre petit groupe qui s’était complété
à Trichy, de sillonner une campagne où la population marche en petits groupes
selon l’âge et le sexe, pieds nus, avec beaucoup d’élégance pour les femmes,
le long des routes et des rizières. Les maisons colorées encastrées les unes
dans les autres, avec leur toit de chaume confèrent au paysage une grande
unité. La vie communautaire, bruyante et colorée, est encore perceptible dans
cet univers un peu à part.
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2/ Vie à l’ashram et satsang
Après
la traversée du petit village de Fathima Nagar, on arrive directement à l’intérieur
de l’ashram où, avant de pointer à la réception, on passe devant la jolie
maison de swami décorée par des statues de Ganesh multicolores au milieu de
son jardin. Accueillis avec courtoisie à la réception, on règle les formalités
d’usage avant de trouver une place dans les dortoirs parsemés de moustiquaires
étendues sur des fils, ce qui donne à la pièce silencieuse et longiligne une
allure étrange avec des silhouettes plus ou moins filandreuses qu’on entrevoit
derrière les toiles suspendues. Des hommes se reposent ou méditent, pour la
plupart sans doute absorbés dans leur rêve, et pour ceux qui ne dormiraient
pas, reliés probablement à leur nature primordiale.
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Vue de l’ashram, photo extrait du site
officiel www.sripremananda.org
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Ayant
moi aussi hâtivement créé un petit havre de paix, je commence à visiter l’ashram.
Il est magnifique et très bien construit, suivant l’architecture traditionnelle
des ashrams, comme l’a voulu Premananda, avec des maisons en formes rectangulaires,
circulaires ou hexagonales, le long des longues routes ocres perpendiculaires.
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Image extraite de http://www.justice-for-premananda.org
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Grand
amateur de jardinage et de cuisine, il a fait transformer un désert caillouteux
en une oasis luxuriante, où les plantes et les arbres abondent (plus de 5000
espèces), et dans laquelle les oiseaux et les animaux viennent trouver refuge.
Mais aucune créature sauvage sinon le mental perturbé de chaque individu ne
saurait troubler la sérénité du lieu qui semble émaner d’un autre âge et d’une
autre sphère. L’adage suivant lequel l’ashram est une part du corps vivant
du Maître trouve ici confirmation : un micro-eden a été créé, dans la
mesure où l’environnement respecte la nature et les êtres qui y habitent.
Aujourd’hui c’est le festival de la jeunesse Premananda : dans le hall
principal, le spectacle commence avec de magnifiques chorégraphies :
bharata natyam, danses traditionnelles avec des bâtons, épisodes de la vie
de Krishna… Les enfants réalisent avec leur professeur une magnifique performance,
dans l’énergie, la précision et le rythme. Ils sont à eux seuls une source
de réjouissance pour les yeux et le cœur. Cette superbe prestation est à mon
goût récompensée un peu maigrement, par des applaudissements dispensés avec
parcimonie. Sans doute des adultes un peu blasés ne voient-ils pas quelle
somme d’effort à requis cette harmonie qui semble apparaître spontanément,
à la suite d’on ne sait quel sortilège.
Les enfants (environ 800) sont l’âme de l’ashram. De sa prison, Premananda préside à son organisation et veille à ce que tout se passe pour le mieux pour eux. En témoigne une remarquable organisation, tant pendant le service des repas, de l’école, ou tout au long de la journée. Les plus grands sont chargés de veiller sur les plus petits, et tout ce petit monde marche de façon disciplinée et joyeuse le long des allées, pour vaquer aux occupations et aux obligations du jour, ou pour tout simplement se promener et bavarder un peu avec les copains et les copines. Ils sont calmes et paisibles, souriants et chaleureux envers les visiteurs. La formule enjouée « Jaï prema shanti » , authentique emblème sonore de l’ashram, tinte aux oreilles du visiteur inopiné et surpris comme un signe de bienvenue. Mais la distance qu’il incombe de garder avec les adultes, et qui plus est étrangers, est respectée : nulle familiarité excessive mais un regard ouvert et bienveillant.
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Image extraite de http://www.justice-for-premananda.org
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Technique
indienne de nettoyage
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Le
matin à l’aube, c’est un véritable ballet qui démarre. Tous les enfants et les
adultes sortent pour nettoyer l’ashram avant de débuter la journée à l’aide
d’une sorte de petit balai fait de tiges de
feuilles de cocotier. S’installe alors une sorte de pulsation et de
rythme naturels qui fait danser l’ashram au mouvement du nettoyage quotidien, à
la fois physique et mental. Une véritable vague a pris naissance, ondule
quelque temps avant de se transformer en autre chose. Suite à ce ménage, ceux
qui ont été assoiffés par l’effort vont tirer un peu avec la pompe qui jouxte
le temple au cœur des maisons.
Le
premier soir après notre arrivée et un repas, le néophyte découvre l’art de
manger avec ses doigts et se demande s’il doit vraiment remettre en cause
certains acquis de la civilisation dite occidentale. Mais pas le temps pour
divaguer et tergiverser car les choses sérieuses commencent : premier satsang avec Swamiji. Cette conversation
portant sur la vie spirituelle va me permettre de découvrir le personnage,
ou plutôt la teneur de la Personne divine manifestée à travers un corps physique.
La surprise est à la hauteur de l’attente : l’énergie qui est véhiculée
par le Maître tient tout simplement du prodige. On comprend qu’il porte bien
son Nom : c’est bien la joie, l’énergie et la béatitude incarnées. Il
est aisé de constater « de visu » que la prison n’a en rien atteint
son moral, et que son esprit totalement stable et fondu dans le brahman peut
se jouer et se rire de toute situation, tout en éprouvant le tragique.
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Swami Premananda
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Velasquez,
Christ en croix
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3/ Mashivaratri et
shivalingam
Après
les bhajans, abishekams ordianires qui rythment la vie de l’ashram, vient la
nuit de la Mahashivaratri et ses cérémonies extraordinaires. C’est une grande
fête, une suite de rituels strictement codifiés qui doivent permettre un
renouvellement de la création et de l’univers, en l’honneur de Shiva et
Parvati. On veille toute la nuit et on participe avec nos yeux et nos oreilles
aux différentes opérations de lavements rituels des statues exécutés avec
minutie et science par les swamis consacrés à la tâche. Pour aider à ne pas
sombrer dans la torpeur, un « meneur à bhajan » hindou
particulièrement énergique et efficace dans son intonation entraîne l’assemblée
dans des rythmes et des cadences infernales. Continuement, les instruments
traditionnels, parmi lesquels une sorte de hautbois particulièrement
nasillard propre à réveiller un mort
ainsi qu’ un « pakhawaj, » tambour traditionnel oblong à deux
côtés, qu’on doit jouer avec des
embouts de fer, scandent les étapes du rituel.
Tout
au long de la nuit, il est possible d’aller adorer dans une petite salle de
méditation, dans laquelle on chante 24 heures d’affilée le mantra « om
nama shivaya », l’ensemble des lingams qui ont été manifestés par Premananda
depuis le début du processus divin. A la différence des années précédentes,
il ne fera pas sortir les lingams pendant la nuit même de la Mahashivaratri,
mais la suivante. Même les règles divines souffrent parfois d’exceptions,
mais non sans raisons. La gestation aura été un peu plus longue que d’habitude,
mais les lingams seront bien au rendez-vous cette fois encore. A la fin de
chaque rituel, on distribue du prasad aux participants. La nuit se conclut
par le yagna, la cérémonie du feu
purificateur, qui clôt cette grande nuit mystique. Après quoi on peut aller
se reposer un peu.
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Dans
la matinée, swami nous avait demandés d’être réunis dans le temple à 10 heures.
L’attente durera toute la journée et l’événement aura finalement lieu en fin
de soirée.
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Photos
de la Mahashivaratri 2008, extrait du site www.sripremananda.org/french/f1_life/f1c_m_2008.html |
Durant
la nuit, Premananda accordera des entretiens personnalisés et son darshan.
A nouveau les bhajans rythment cette grande fête dans une atmosphère de grâce
divine. Le miracle auquel on a pu assister en direct place sous les meilleurs
auspices ceux qui ont la chance de pouvoir y assister et participe à la régénération
du cosmos dans son ensemble. La nuit, si on observe bien, aux dires de swami
lui-même, on peut observer de mystérieuses lueurs dans la voûte céleste. Les
lingams sont paraît-il dotés d’une force prodigieuse en conjonction avec les
astres, capables de faire dévier la trajectoire d’une météorite. Par ailleurs,
leur forme ellipsoïdale et non circulaire (le cercle est symbole en Occident
de Dieu en en tant que Père et absolu) a sans doute un rapport avec la trajectoire
en ellipse (qui a un double foyer et symbolise analogiquement le processus
de création où le « un » devient « deux » tout en conservant
son unité) des planètes autour du soleil, mises en évidence par Képler avec
sa célèbre loi (3). Quant à la matière
énigmatique des lingams (au début ils sont liquides puis il se solidifient
rapidement au contact de l’air), il faudrait peut-être des spécialistes en
alchimie pour nous éclairer. En tous
cas, comme nous avons pu le mentionner dans un autre article, l’apparition
du lingam est précédée de l’émission de deux liquides blanc et rouge qui sont
vraisemblablement de l’essence de goutte blanche et de goutte rouge, quintessence
du corps humain selon les explications convaincantes des tantras bouddhistes.
Le lendemain matin, les cérémonies d’inauguration des portes de l’ashram reprennent.
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Le
temps est compté avant que Swamiji retourne en prison. Notons au passage la
présence un peu surréaliste dans ce climat du car de police garé juste derrière
le temple et des deux policiers qui rôdent le long des allées de l’ashram
en effectuant incidemment leur ronde. A l’affût de tout mouvement suspect,
rompus à l’exercice, ils sont prêts à intervenir si l’intéressé faisait mine
de vouloir s’enfuir ! Mais lui est très heureux de revenir en prison
où les détenus et les gardiens doivent attendre son retour avec ferveur et
impatience, malgré les sages conseils qui n’ont sans doute pas manqué de leur
être prodigués.
Après
les achats de rigueur, enseignements, disques, statue bénie, mon acolyte
pour la suite du voyage et moi-même décidons avec un anglais poussif d’appeler
un taxi pour nous conduire vers la suite de notre périple : Tiruvanamalaï
et l’ashram de Ramana Maharshi.
4/ Voyage vers Arunachala
Mais
il faudra l’obligeance et la diligence des membres permanents de l’ashram
pour arriver à faire venir le taxi qui débarque vers six heures de soir.
En avant pour une course d’enfer ! Six à sept heures de course directe
avant d’atteindre notre objectif. Le voyage est extrêmement pittoresque.
On réexamine le bien-fondé des vues de Lao-Tseu en matière de circulation
automobile. J’entame une dissertation sur la fluidité universelle des phénomènes,
à l’image de ce mouvement héraclitéen. Seul l’accident nous rappellerait
que nous sommes des substances de chair et de sang et pas des ombres évanescentes.
La traversée de Trichy est épique. Un policier fait mine de nous stopper,
mais rien ne peut arrêter notre conducteur. Il parvient à faire demi-tour
dans une ville totalement embouteillée et polluée avec des voitures dans
les deux sens. Puis, il fait l’arati
et consacre son taxi, sans doute ce qui nous a sauvé. Je me prends à
nouveau à imaginer un taxi parisien faisant ouvertement la même chose, aux
réactions des clients… Sous la lune gibeuse qui éclaire la route, nous avançons
à grand train, sans trop savoir ce qui nous attend. Après un premier arrêt
pour prendre un thé, on stoppe dans un petit village, fort sympathique mais
aussi fort inquiétant. On ne s’éloigne pas trop de nos deux conducteurs
qui se relaient, car nous sommes visiblement les seuls européens et trop
facilement repérables par notre teint et notre allure. Le temple qui surgit
dans la nuit paraît à moitié désaffecté. Beau à l’extérieur, l’intérieur
est en piteux état, avec une vielle moto en stationnement ininterrompu.
Les gens déambulent sans trop se soucier de nous, mais quelques indigènes
nous dévisagent. C’est l’heure du repas. Sur un réchaud à bois qui ressemble
à un vieux four alchimique, notre homme prépare des galettes pas mauvaises
mais fort pimentées. Les flammes crépitent, et pendant que nos deux chauffeurs
échangent des banalités dans une langue qui nous échappe totalement - une
des plus vielles du monde aux accents très mélodiques - nous tâchons de
faire bonne figure et de sourire en témoignage de la qualité du repas. Confondant
les règles d’hospitalité avec celles du commerce, j’accepte un peu trop
facilement l’eau incertaine que mon interlocuteur me tend dans un gobelet,
au risque de voir bactéries et microbes envahir mon estomac. Mon compagnon, qui a beaucoup
de sagesse, a eu la prudence d’attendre et de remettre à plus tard pour
étancher une soif ardente, à l’abri des regards, avec une bouteille d’eau
hermétiquement scellée. Nous reprenons la route beaucoup plus calme à cette
heure tardive. Peu avant d’arriver dans le village, notre chauffeur ralentit
nonchalamment pour nous faire passer devant un de ces innombrables petits
oratoires qui parsèment les routes. Le spectacle des dieux gardiens dans
la pénombre lunaire a de quoi faire frémir : les dieux gardiens de
Tiruvamanalaï nous surveillent. Ils ont l’œil sur nous.
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5/ Visite du temple et de l’ashram
Dans la ville, onous trouvons une petite chambre dans un hôtel où nous passons la nuit sur un seul lit tant bien que mal. Une sorte de musique indienne inqualifiable hurle jusqu’à trois heures. Le matin, il ne faut pas traîner pour aller visiter le temple, mais rien ne nous retient plus dans notre mansarde. Le plus difficile consiste, à grand renfort de roupies, à repousser les assauts d’une horde de mendiantes qui ont vu en nous des proies faciles. Finalement, nous parvenonsà rentrer par le porche dans cet environnement grandiose et majestueux.
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Image
extraite de http://www.sacredsites.com/asia/india/tiruvanamalai.html
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Extrait
du blog http://giik.net/blog/tiruvanamalai-et-son-temple-gigantesque
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Un sadhou vêtu de avec sa tunique orange et
de ses attributs caractéristiques, parfaitement à sa place dans ce milieu,
vient à ma rencontre, et comme signe d’accueil lâche un mot laconique et
significatif en ouvrant les mains : Shiva. Je réponds plus ou moins
clairement, mais l’épreuve est engagée. Les Présences qui habitent ces statues
sont à la fois terriblement attirantes et inquiétantes. Leur majesté déroute
autant qu’elle terrifie, car elle découle d’une douceur mystérieuse qu’on
ne peut saisir. C’est l’impression que les anthropologues ont essayé de
fixer et ont appelé de façon savante la « puissance numineuse (4)»
qui caractérise le sacré et son expression dans toutes les civilisations.
Plusieurs temples en l’honneur de Shiva sont disposés aux quatre soins cardinaux,
et au centre on trouve le temple principal, dans lequel on entre au son
de curieuses mélopées brahmaniques. L’atmosphère créée avec toutes ces statues
innombrables nichées dans des autels et des oratoires est difficilement
descriptible si on est pas un écrivain talentueux : il faut visiter
un temple hindou de cette envergure pour s’en rendre compte et en goûter
la saveur. Les lieux sont véritablement habités et une Présence vivante
particulière, qui fait écho à son propre cœur, émane dans chaque recoin
de ce sanctuaire. L’Esprit universel, qui prend les aspects multiformes
et infinis des Noms divins, revêt une apparence presque palpable. Ganesh,
Devi et Shiva sont bien là et habitent ces statues multiséculaires. Ils
vivent sous nos yeux ou plutôt nous vivons en eux sans nous en rendre compte.
La puissance du lieu sacré ouvre le cœur et magnifie ces qualités divines
qui transcendent complètement l’intellect. Il faut renoncer à comprendre
quoi que ce soit à l’aide d’une description préétablie pour rentrer en contact,
voir et sentir l’écho vibrant du cœur de ces statues en apparence inanimées.
Un peu de cendre sur le front et de kumkhum appliqués par le brahmane
au fond de l’oratoire viennent parachever cette initiation indienne. Ce
n’est pas un rêve, mais la réalité qui inverse les paramètres objectivants
de la conscience mentale. Sa trace et son souvenir viendront hanter à tout
jamais l’esprit et les habitudes conventionnelles, frappant d’une nostalgie
dévastatrice celui qui se laisse aller à la saisie du flot illusoire des
apparences ordinaires. A la sortie , une accolade fraternelle avec un autre
sadhu, auquel n'on oublie pas de faire une petite aumône.
Nous
prenons un petit taxi à trois roues, le fameux « rickshaw », et
nous nous dirigeons vers l’ashram de Ramana Maharshi.
Après avoir trouvé une chambre à proximité de l’ashram et nous être délestés de nos affaires décidément encombrantes, nous nous dirigeons vers lui.
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Vue
de l’ashram sur la montagne sacrée
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| Ramana
Maharshi, une référence incontournable |
6/ Une floraison et un essaim
de Saints autour de la Montagne
Après
nous être recueillis sur les lieux, nous entamons la dernière partie de
notre bref mais intense voyage : le rencontre et le darshan des Saints
qui habitent au pied de la montagne. Car ce lieu a quelque chose à nul autre
pareil : il est habité par la présence de Saints depuis la nuit des
temps. Encore aujourd’hui, il est possible de rencontrer des êtres qui ont
réalisé leur Soi, de frapper à leur porte et de recevoir leur darshan si
on a foi et dévotion. C’est une formidable chance. Car la montagne est un
véritable nid, une pépinière d’êtres qui ont renoncé à tout et se sont fondus
dans leur nature primordiale, un peu comme au Tibet dans sa meilleure époque
de floraison spirituelle. Il y a ceux qui sont connus et d’autres qui demeureront
à jamais inconnus pour la plupart d’entre nous. Grâce à la présence d’esprit
de celui qui deviendra notre guide fidèle et conducteur de taxi, lui-même
ayant pris la montagne pour gourou et connaissant visiblement quelques uns
de ses secrets, tout se passe pour le mieux. Il est prêt à nous ouvrir son
carnet personnel. Et nous voilà sur la base d’une
vraie-fausse adresse en route vers la maison personnelle d’Aum Amma, dont
on avait pu voir une affiche près de l’ashram vantant la réalisation et donnant les horaires de darshan. C’est une Sainte
connue dans les environs, qui a eu pour signe de réalisation originale l’apparition
de la lettre sacrée « Aum » sur le front. Dans ce pays les gourous
accueillent directement les gens pour les bhajans et quelquefois le darshan.
Etonnamment il n’y a pas trop de monde, et les séances se passent en petite
assemblée.
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Affiche
près de l’ashram pour Aum Amma donnant l’adresse et les horaires du
darshan
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On
arrive vers quatre heures de l’après-midi dans un petit village près de
la ville, après un parcours charmant le long des rizières et des petites
maisons de campagne par un grand soleil. Les enfants nous font de grand
signes et témoignent de leur sympathie. La maison comporte un très joli
jardin. Le swami qui s’occupe d’Aum Amma nous reçoit avec une grande déférence.
Comme nous avons une grande avance sur l’horaire des bhajans, nous sommes
invités à méditer un peu sur la terrasse et à feuilleter l’album des photos
d’Aum Amma, un peu comme un album de famille, sauf qu’il s’agit de l’album
yogique du détachement ! Le swami a l’obligeance de nous préparer et
de nous servir un thé brûlant dans une tasse que nous sommes incapables
de tenir dans nos mains. Sans doute encore une faiblesse de l’occidental…
Aum Amma est visiblement un vrai yogi qui a passé la plupart de son
temps à méditer en silence dans la montagne, et dont les attitudes du corps
et l’expression attestent l’émergence de nombreux bhavas, manifestations caractéristiques
de la kundalini divine. Sur les
photos Aum Amma semble être dans une sorte de bhava permanent, dans un état
extatique de félicité au contact de son propre Soi. Ses mains expriment
des mudras caractéristique et spontanés, et
tout son corps semble être saturé de shakti divine.
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Aum
Amma en bhava
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Images
extrait du site www.aumamma.com
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| Le
Maître et le disciple qui l’a accompagné au cours des pérégrinations
dans les montagnes et les grottes |
Au
premier abord, ces expressions peuvent avoir quelque chose d’inquiétant
si on ignore tout du contexte. On pourrait même songer à une forme de possession,
voire de folie. L’arrivée d’Aum Amma, après les bhajans que nous chantons
en comité restreint (une douzaine de personnes) est spectaculaire, presque
théâtrale. Il y a là quelque chose d’indomptable et de sauvage, qui résiste
à toute tentative de catégorisation conceptuelle. Elle ne dissipe pas forcément
automatiquement l’inquiétude, mais relève bien d’une autre dimension, et
on voit s’écouler à travers elle une félicité pure et divine qu’on peut
ressentir si on s’abandonne. Du fonds des âges, un Yogi surgit, immergé
dans un état de félicité transcendante, qui n’entre que le temps d’un moment
en contact fugitif avec le monde des apparences communes. Aum amma peine
à envoyer physiquement les fleurs sur les dévots. Elle doit être aidée et
assistée par son fidèle lieutenant, car son corps est assailli en permanence
par des sortes de convulsion. Un sourire extatique illumine ses lèvres.
Les yeux fixés sur le troisième œil en état de convergence oculaire, elle
semble aveugle à la dualité. Et pourtant elle nous regarde et veut nous
dire quelque chose d’indicible. Peut-elle encore parler ?
Aujourd’hui, elle donne le darshan à chacun et tour à tour, chaque dévot
passe pour recevoir un contact avec elle. Elle caresse les cheveux de chacun
avec une douceur ineffable et dans le cœur se passe cet événement mystérieux
sur lequel on ne peut rien dire. Nous n’ajouterons rien sur le mystère Aum
Amma car le sujet nous dépasse, mais il est certain qu’à l’ombre de la montagne
sacrée d’Arunachala se passent encore aujourd’hui bien des choses étonnantes
et hors de portée de l’intellect borné(5).
Après
le darshan, nous sommes conviés à partager un bon repas comme c’est la coutume.
Puis, nous retrouvons notre chauffeur qui nous ramène dans nos chambres.
Un peu de méditation, l’archana et un sommeil difficile avec la chaleur.
Le lendemain, on se lève très tôt pour faire une partie de la circumbulation autour de la montagne. Notre tour rituel sera peu orthodoxe, car on s’est trompé de chemin et on a pris la montagne de façon un peu trop franche. Heureusement le Seigneur Shiva a été clément devant notre hardiesse et il nous a laissé passer.
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Votre serviteur
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| Montagne
au petit matin |
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| Lisière
du bois |
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| Il
y avait des singes dans les arbres, mais j’avais un appareil jetable
rudimentaire sans zoom |
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Sivashakti
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Nous
avons pu monter au sommet de la colline, redescendre en reprenant le tour
normal avant d’arriver à huit heures du matin devant la grotte ou Ramana
Maharshi a médité durant sept années consécutives. On entre nous pour méditer
quelques minutes et un brahmane entonne
a capella un sublime chant védique qui semble résonner de nulle part.
Quelques instants d’éternité et nous ressortons. Pas le temps de continuer
notre exploration. Il nous faut redescendre, car un nouveau darshan nous
attend dans l’ashram d’Ammashakti, non loin de celui de Ramana. Ammashakti
est une autre Sainte qui vit sans parler dans la contemplation depuis de
très longues années. Son darshan est plus classique, totalement silencieux.
Il ressemble un peu à celui de Mère Meera, pour ceux qui connaissent. A
la différence que les dévots ne défilent pas individuellement devant elle.
Elle passe devant les gens en les regardant ou pas, en faisant des ajustements
dans l’Esprit qu’elle seule voit et maîtrise. Un sentiment de paix et de
clarté émane, sans qu’on sache vraiment ce qui se passe, comme souvent.
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| Radha Amma |
Peu
après, nous déambulons dans les rues quand soudain nous croisons notre guide.
Voyant dans cette rencontre une conjonction avantageuse, nous nous enfournons
dans le taxi et nous dirigeons vers la maison de Radha Amma qui commence
à acquérir une certaine notoriété dans la région. Devant l’affluence des
visiteurs, en particulier occidentaux, elle a marqué sur sa porte que les
visiteurs perdaient leur temps car elle n’était pas un gourou. Le vrai est
Ramana. Mais cela ne m’a pas empêché de sonner et de demander s’il y avait
des bhajans. Il faudra attendre quelques jours supplémentaires pour avoir
la chance de la rencontrer, car elle est en voyage à ce jour. Voyant ma
déception, notre guide trouve une lumineuse idée.
Il
nous amène sans plus tarder auprès d’un yogi vénérable qu’on peut visiter
dans un village un peu plus éloigné. Après un petit parcours pittoresque,
nous voilà fraîchement débarqués dans une ferme où caquètent des
poules. Nous passons le pas d’une porte derrière laquelle s’étend un long
couloir. Assis sur un fauteuil, calme et tranquille, le yogi nous attend.
Il a l’air en pleine forme alors qu’il a sans doute plus de 80 ans. Les
effets du yoga pratiqués par cet ascète ne relèvent donc pas de la mythologie(6). Comme c’est l’usage,
nous nous prosternons et il nous met un peu de cendre sacrée sur le front.
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KARUMARAPATTI
SWAMI images extraites de http://www.sonagiri.org
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Puis, il nous examine et fait un rapide diagnostic sur notre santé physique
et spirituelle. On est invité à poser des questions et à méditer un peu
si on le souhaite. Belle occasion à ne pas gâcher. Ensuite, des jeunes mariés
accompagnés de leur petite fille viennent demander conseil, pendant que
les femmes d’affairent autour du sage. Le yogi est le centre de toute une
vie familiale et communautaire. Il n’est pas isolé dans sa grotte mais inséré
dans le tissu social et la vie des petits villages.
Appendice sur la pratique des
kolams
Il faut noter la forte imprégnation de la religion dans cette région et une certaine unité qu’on ressent dans la ville. Je trouve que la pratique traditionnelle et populaire des kolam illustre parfaitement cela. Loin d’être de simples amusements décoratifs, les kolams permettent d’exprimer une foi et une vision de la vie communes. Ils embellissent l’espace public de profondes résonances spirituelles et ne se réduisent pas à quelque chose de purement décoratif ou abstrait. Le Kolam est un art traditionnel indien consistant à décorer le sol et les murs de différents lieux dans une vision spirituelle. Ce sont des sortes de yantras, de diagrammes mystiques auspicieux sur lesquels l’esprit est invité à méditer.
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Texte et image extraits du site images http://dharma-international-association.org
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« Les kolams se placent le plus souvent sur le seuil de la maison
ou de la chaussée. Cet art se traduit par la réalisation de motifs géométriques
et symétriques effectués à l’aide d’une poudre blanche. Présent dans tous
les états de l’Inde, il comprend différents noms et significations, mais
c’est dans l’état du Tamil Nadu qu’il est le plus ancré dans les coutumes.
"Kolam" signifie en tamil, "beau", ce qui donne le sentiment
de la beauté aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la maison."
Le Kolam est un des moyens de faire mille requêtes et de s’adresser, de
façon privilégiée, aux divinités et plus particulièrement à Lakshmi, la
déesse de la prospérité et de la santé, souvent attachée à l’espace domestique.
La poudre de roche blanche, la poudre de blé, de coquillage, de chaux, de
craie et d’autres pâtes bon marché sont utilisées pour dessiner ces motifs
intrigants et rituels. On y ajoute une matière lourde, comme le sable ou
le sel, pour la rendre plus fluide. La modernité se faisant la femme utilise
ici une craie dure. »
Après cette visite, nous retournons vers la ville où nous prenons quelque
repos. Avant de repartir en taxi vers Madras, je retournerai une dernière
fois à la maison d’Aum Amma chanter quelques bhajans. Ce soir là, Aum Amma
ne redonnera pas le darshan, mais après cette courte semaine extrêmement
intense, ajouter quelque chose de plus serait sans doute superflu. L’organisme
ne doit pas être mené jusqu’à la saturation, quoi qu’on puisse difficilement
être saturé de la présence des êtres divins. Il incombe en définitive de
retourner l’esprit vers son propre Soi, car chacun est unique et doit trouver
la pratique qui lui convient le mieux sans chercher à imiter les autres.
Lors de la longue attente à l’aéroport pour le retour, le corps et l’âme
auront tout le temps de commencer à digérer pour la signification de ces
darshans et le meilleur moyen de les mettre à profit.
Conclusion :
L’ Inde est bien la terre des darshans. La puissance des maîtres est certes sans limite et est au-delà des conditions d’espace et de temps, mais je trouve qu’il peut être bon de recevoir sur la terre même où la tradition du darshan a pris racine et s’est établie depuis toujours quelques bribes de sagesse et de bonheur inaltérables. De notre point de vue limité, il y a là quelque chose d’unique et de spécifique. Les disciples et les dévots perdent quelque chose à la « délocalisation » des environnements autrefois propices à l’épanouissement de la spiritualité. Mais il reste apparemment quelques sanctuaires préservés. Puisse chaque être motivé par la rencontre de Saints authentiques rencontrer les conditions favorables pour cela .
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| Affiche trouvée à Maduraï en Inde du sud pour la venue
d’Amma |
« Mahashivaratri est une fête annuelle dédiée au Seigneur Shiva, la divinité hindoue représentant la destruction préparant la régénération. Le Lingam est une forme symbolique de Shiva. Au cours de cette nuit particulière, des Lingams se manifestent par la bouche de Swamiji. Peu de temps après, il souffle aussi de la vibhuti, cendre sacrée, par la bouche. Les Lingams et la vibhuti ont tous deux de grands pouvoirs de guérison et de purification. »
(Citation extrait du site)
2) « Le Shivalingam est la marque ou le signe du Seigneur Shiva. C'est l'icône la plus commune de Shiva et est trouvé dans la plupart des temples de Shiva. Durant la nuit spéciale de Mahashivaratri (la grande nuit auspicieuse), des Lingams se manifestent par le corps de Swami Premananda. Au travers de ce phénomène spirituel, c'est comme si l'immense pouvoir de la Divinité sans forme est incarnée dans le monde. Cela est connu comme Lingodbhava. Ling' signifie symbole, et 'Udbhava' signifie naissance ou création. Donc, 'Lingodbhava' signifie en fait symbole de la création. Le Lingam a la forme d'une figure mathématiquement parfaite, l'ellipsoïde. Il n'a ni avant ni arrière, et n'a ni commencement ni fin. Le Lingam est la forme la plus appropriée pour représenter l'Essence Divine sans forme qui est Dieu. Ainsi, quand le Lingam émane de la bouche d'un saint comme Swami Premananda, cela symbolise la naissance dans le temps et dans l'espace de CELA qui est sans forme et éternel, dans une entité géométriquement parfaite, le Lingam. On dit que toute chose provient du Lingam et l'esprit pendant cette nuit-là. »
(Citation extrait du site)
3) Je n’infligerai pas au lecteur une fastidieuse dissertation philosophico – métaphysico - mathématique sur la nature de l’ellipse et la façon dont Kepler a découvert la loi, mais le point mérite d’être soulevé. Pourquoi les lingams sont-ils ellipsoïdaux et non ronds ? Je pense qu’ils manifestent la nature de Dieu en tant que créateur (en rapport avec le fonctionnement organique de l’univers dans le corps humain et le corps des astres dont le trajet est l’elipse) et non en tant qu’absolu. (représenté symboliquement par le cercle)
4)Cf les ouvrages de Rudoph Otto sur la question.
5) Nous mettons en lien le formidable blog de Sonagiri qui relate sa rencontre avec Aum Amma et d’autres Saints et yogis. Il donne de précieuses adresses. Il n’y a plus qu’à suivre le guide. Aller à http://www.sonagiri.org/new-page-23.htm
6) Je vous conseille de lire la page de Sonagiri qui lui est consacrée.