Caposele

Sanctuaire Saint Gérard de Majella

(dont vous pouvez trouver la biographie ici, car on peut certes supposer que les photos ont moins d'intérêt sans la bio)

Musée

 

 

 

Les témoignages du procès de sa béatification assurent que Gérard, âgé de six ans, se rendit seul, sous la conduite de son bon ange, à Capotignano, non loin de Muro, dans une chapelle où l'on vénère une statue de la très sainte Vierge, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras. Il en revint, portant un petit pain blanc. Benoîte, sa mère, lui demanda : « Qui t'a donné ce pain ? — Je l'ai reçu, dit Gérard, d'un beau petit enfant. » intriguée, sa mère, ainsi que sa soeur aînée, Anne-Elisabeth, le suivirent de loin, jusqu'à la chapelle : Gérard recevait ce pain des mains de l'Enfant Jésus. Le divin Enfant quittait les bras de sa mère pour jouer avec lui !
Les mêmes témoins rapportent un autre fait de ce genre qui arriva dans le jardin de la famille De Cillis. Gérard y avait réuni ses petits camarades, et les faisait marcher en procession. Tout à coup, il s'arrête, ramasse deux morceaux de bois et en forme une croix qu'il fixe au tronc d'un amandier. « A genoux, mes amis, s'écrie-t-il, vénérons et adorons la sainte croix ! » Les enfants, comme s'ils obéissaient à un ordre du (3) ciel, se prosternent et prient de tout leur coeur. Subitement, l'arbre resplendit comme un autel chargé de flambeaux allumés. La clarté se répand bien au delà du parc et les habitants du voisinage en sont éblouis. Bientôt, l'Enfant Jésus apparaît dans la ramure de l'amandier. Puis, descendant de son trône improvisé, il s'approche de Gérard et lui présente, comme dans la chapelle de Capotignano, un joli petit pain blanc.
Gérard revenait de Melfi à Iliceto. C'était la nuit. Il se trompa de route et se perdit dans une forêt touffue, sur les bords de l'Ofanto. Durant la journée, une pluie torrentielle avait fait sortir le fleuve de son lit; le sol était tellement détrempé, qu'il était impossible de se diriger à travers les fondrières. Le voyageur se trouvait dans le plus cruel embarras. Soudain, se présente à lui une figure grimaçante, et il entend une voix sinistre qui lui crie : « Du coup, je te tiens ! Enfin, je puis faire de toi ce que je veux! » A ces paroles, Gérard reconnaît le démon. Loin de se troubler, l'homme de Dieu s'avise aussitôt de le mettre à (35) contribution pour sortir de ce mauvais pas. « Au nom de la Très Sainte Trinité, lui dit-il, je t'ordonne de tenir le cheval par la bride et de me conduire jusqu'à Lacédonia. » Le diable fut contraint d'obéir, et, arrivé à Lacédonia, disparut.
Un nouveau prodige vint porter à son comble la popularité du Saint. Voici comment le P. Landi raconte cet événement : a Par une disposition divine, Gérard passait sur le rivage de la mer, dans un endroit appelé la Pierre du poisson ; il aperçut une petite barque portant plusieurs passagers. Elle ne pouvait aborder, parce que la violence des flots la repoussait du rivage. Le vent soufflait en tempête et redoublait de rage à chaque minute : une catastrophe était imminente. Attirés par les cris des naufragés, les voisins et les parents étaient accourus sur la grève, mais, incapables de leur porter secours, ils allaient voir les malheureux se noyer sous leurs yeux. Gérard est ému par cette détresse ; il rejette son manteau sur son épaule gauche ; s'armant du signe de la croix, il marche sur les (81) flots comme sur la terre ferme ; il saisit la pointe de la barque, et dit : Viens, au nom de la Très Sainte Trinité. » Et il l'amène sur le rivage aussi aisément que s'il eût tiré un morceau de liège flottant sur les eaux. Miracle ! miracle ! » s'écrient tous les assistants. Gérard s'enfuit pour se soustraire à leur enthousiasme. Mais la foule le poursuit de ses cris : « Le Saint ! le Saint ! »

Plus retentissant fut le retour d'un grand pécheur que l'évêque de Lacédonia avait envoyé au couvent suivre les exercices spirituels. Cette conversion est racontée, non seulement par les Pères Tannoia et Landi, mais encore par les témoins qui ont déposé au procès apostolique. Une première fois déjà, cet homme avait dû, contre sa volonté, prendre part à une retraite ; il y avait assisté en indifférent, et se disposait néanmoins, pour la forme, à s'approcher de la sainte Table. Le serviteur de Dieu l'arrête et lui dit : « Où vas-tu ? — Je vais communier. — Quoi ! communier, après avoir caché volontairement (32) des péchés ? » Et Gérard les lui révèle. « Va vite te confesser, et de tout ton mieux, si tu ne veux pas que la terre t'engloutisse ! » Ecrasé par de telles paroles, le pécheur s'était mis en règle avec Dieu. Revenu chez lui, il n'avait pas persévéré. Cette scandaleuse rechute avait décidé l'évêque à l'envoyer de nouveau faire une retraite.
Aussitôt qu'il l'eût aperçu, Gérard courut à lui pour prendre de ses nouvelles. Mais son ancien converti ne lui répondit que par un mot bref et évasif. Le Saint garda le silence, mais résolut d'entreprendre une amélioration qui serait plus durable. Après en avoir obtenu la permission du supérieur, il prend un crucifix, entre dans la chambre, dont il ferme soigneusement la porte et la fenêtre, et commence à apostropher avec véhémence le coupable : « Comment! tu as eu le courage d'offenser Dieu de nouveau ! Quelle ingratitude ! Oses-tu encore affirmer que tu n'as rien fait de mal ? » Et Gérard lui révèle, l'un après l'autre, les péchés dans lesquels il était retombé. « Regarde, continue-t-il, qui a fait ces plaies à Jésus-Christ? »
Et voici, ô prodige, que, des plaies divines, s'échappent des gouttes de sang ! « Quel mal, reprend Gérard, t'a donc fait ce Dieu? Il est né pauvre, dans une étable, et sur la paille, par amour pour toi ! Tu oses te moquer de Dieu? Non, non ! Sache-le bien : on ne se moque pas de Dieu impunément! Il est patient; mais à la (33) fin, il châtie. Cesse tes désordres, car le démon guette sa proie ! »
A ces mots, un monstre horrible se précipite vers le malheureux. « Retire-toi, vilaine bête ! » s'écrie Gérard, et met ainsi Satan en fuite. Le pécheur, glacé d'épouvante, courut se jeter aux pieds du P. Petrella, fit une excellente confession, et persévéra ensuite jusqu'à la mort.

Ils s'arrêtèrent d'abord à Sénerchia, où les habitants étaient bien en peine pour transporter, du sommet d'une montagne, une poutre pesante qui devait soutenir la toiture de l'église paroissiale, alors en construction. Dès que Gérard apparaît, on accourt à lui; on lui expose la situation, en le suppliant d'y porter remède. Courage, répond Gérard, la maison est à Dieu, il pensera à la manière de la faire terminer. Allons à la montagne. » Une foule immense le suit, anxieuse ; Gérard lie la pièce de bois avec une corde, et, après avoir invoqué à genoux le secours du ciel, il dit : Au nom de la Très Sainte Trinité, je te commande, créature de Dieu, suis-moi. » Et au grand étonnement de tous, il tira le madrier derrière lui, comme s'il se fût agi d'une paille. Ce miracle, — est-il besoin de le dire ? — assura le succès de la quête.